8 janvier 2008 2 08 /01 /janvier /2008 12:34

undefinedUn article du Monde du 26 Décembre rendait compte d'une étude révélant que 469 cas d'hépatite B aigûe avaient été recensées en France entre 2004 et 2006, dont "la moitié d'entre eux aurait pu être évitée si les recommandations de vaccination en vigueur avaient été respectées et le dépistage autour d'un cas effectué (1)". Pourquoi cette aberration ?

A cause de la puissance des préjugés anti-vaccinations en France et des puissants relais dont dispose les promoteurs de charlatanismes
"
Depuis près de dix ans, la vaccination contre l'hépatite B est au centre d'une polémique en raison
d'hypothétiques liens - jamais démontrés - entre le vaccin et des poussées de sclérose en plaques observées chez des adultes.  L'initiative des hépatologues français précède la mise en examen annoncée des deux principaux groupes pharmaceutiques qui commercialisaient le vaccin en France au début des années 1990.  Ces spécialistes rappellent que cette polémique et ses prolongements judiciaires sont une spécificité française, et que deux récentes études épidémiologiques conduites sur ce thème démontrent l'absence totale d'augmentation de risque. Ils insistent en outre sur la nécessité de vacciner les personnes plus exposées que d'autres (les professionnels de santé notamment) à cette infection transmissible par voie sanguine et sexuelle
. "
 
Les campagnes menées par les adervsaires de la vaccination , comme on le voit, ne sont pas uniquement motivées par des convictions philosophiques. Le goût du lucre et la promotion des pseudo-médecines n'y sont pas pour rien . La très sérieuse revue Lancet s'était elle-même fait piéger à propos du ROR :
 
"
L'hebdomadaire médical britannique The Lancet, dont la crédibilité est la
marque de commerce à travers le monde, reconnaît avoir commis une grave erreur en publiant,
en 1998, une recherche faisant état d'un lien possible entre le vaccin RRO (rougeole, rubéole et
oreillons) et l'autisme1.
Les travaux du Dr Andrew Wakefield ont, à l'époque, créé une véritable commotion en santé
publique : en Grande-Bretagne, le taux de vaccination chez les enfants a considérablement
chuté à la suite de la publication de ces résultats. La polémique a traversé les frontières et bon
nombre de parents s'interrogent toujours sur les risques inhérents à ce type de vaccin.
Or, voilà que le Dr Richard Horton, rédacteur en chef du Lancet, désavoue maintenant
publiquement l'auteur de cette recherche, l'accusant de conflit d'intérêts : le Dr Wakefield avait omis de révéler au journal qu'il travaillait également pour le compte de parents d'enfants tombés malades à la suite d'une vaccination et qui cherchaient à savoir s'ils pouvaient entamer des poursuites judiciaires. Le Dr Wakefield et son équipe ont reçu des prestations du Bureau d'aide juridique britannique et plusieurs de ces enfants ont été intégrés comme participants dans le cadre de ces études
."(2)

Sordide !

"Les travaux du Dr Wakefield portaient sur l'interaction entre différents virus et le système immunitaire. D'après l'hypothèse du médecin, le fait d'exposer l'organisme à plusieurs virus en même temps, ou dans un court délai (comme c'est le cas avec cette triple vaccination), augmenterait le risque d'être atteint de certaines maladies inflammatoire intestinales. Ces problèmes, causant une malabsorption de nutriments importants pour le cerveau de l'enfant, auraient pu mener à des troubles du comportement, dont l'autisme. Outre la faiblesse de la preuve, on a surtout reproché au Dr Wakefield d'extrapoler indûment les résultats de ses recherches, lesquelles portaient sur des échantillons très restreints et mal contrôlés.Le Dr Horton assure que l'hebdomadaire n'aurait jamais publié cette recherche si les faits avaient été connus à l'époque. Il estime que ce conflit d'intérêt a introduit un tel biais, qu'il discrédite tout lien de cause à effet entre l'autisme et ce vaccin, qualifiant ce dernier de tout à faire « sûr ».Plusieurs recherches subséquentes ont été effectuées sur le sujet sans qu'aucune preuve n'indique un impact du vaccin RRO sur la prévalence de l'autisme."

Décidemment, entre les divagations d'un Bettelheim et celles des anti-vaccinations, les autistes n'ont pas eu beaucoup de chance ! Surtout que ces ragots anti-vaccins continuent à être colportés par les promoteurs des psuedo-médecines, dont l'ACECOMED dont nous avons déjà évoqué l'activisme malfaisant (3) . Cette association , où se cotoient anti-OGM (Pelt, Séralini)et charlatans de toutes obédiences (psychiatrie version Servan-Schreiber, homéopathes, toucheurs thérapeutiques etc...), publie un article au titre évocateur : "Ce qu'on nous cache sur les vaccins"(4)
"
Après un premier chapitre de généralités sur les maladies infectieuses et les vaccins, Sylvie Simon passe en revue les différentes maladies qui font l’objet de vaccinations obligatoires, recommandées ou en projet.
Il apparaît que dans l’ensemble :
_soit les maladies sont graves, tétanos, méningite, maladies tropicales, et le plus souvent elles sont rares, ou alors les conséquences vaccinales sont telles qu’il y a tout lieu d’hésiter à vacciner (fièvre jaune par exemple), 
-soit les maladies sont le plus souvent bénignes, maladies infantiles, rougeole, oreillons, rubéole, et dans ces cas, en prenant quelques précautions thérapeutiques, on se met à l’abri des complications qui peuvent survenir, ce qui rend la vaccination inutile."
Plus un mensonge est énorme, mieux il passe. Ce que Sylvie Siman nous cache sur les maladies infantiles, c'est par exemple que la rougeole a tué 240.000 personnes dans le monde en 2006 (5) et qu'elle était une des premières causes de décès par maladie avant que n'existe un vaccin! Cacher une telle réalité pour affirmer que la vaccination est inutile est tout simplement criminel.

Quelques autres chiffre sur les vaccins que nous cachent l'ACECOMED :
"
Vaccinations obligatoires :
Diphtérie : plus de 45 000 cas et 3 000 décès en France en 1945. Moins de dix cas annuels depuis 1979, aucun décès depuis 1981.
Tétanos : environ 1 000 décès en 1945 ; 53 cas et 13 décès en 1992.
Poliomyélite : environ 1 000 cas et 250 décès en 1945 en France. Aucun cas déclaré depuis 1990. La poliomyélite a pratiquement disparu des pays industrialisés. En 1991 et 1992. 647 cas sont survenus aux Pays-Bas, parmi les membres de sectes opposées à la vaccination.
BCG : il est sans effet sur les épidémies de tuberculose, mais protège contre les formes graves, en particulier contre la méningite tuberculeuse.
Vaccinations recommandées
Coqueluche : près de 2 000 décès en 1945 en France. Taux de mortalité pratiquement nul depuis 1980. En Grande-Bretagne, en Suède et au Japon, un relâchement de la politique vaccinais a été suivi d’épidémies graves
. (6)" 

Autant dire que toutes les propos sur l'inutilité des vaccins relèvent du mensonge pur et simple et toutes les digressions sur les effets secondaires et les risques (rares) de la vaccination relèvent de l'indécence ,
au regard des bénéfices de la vaccination. Tout ceci pour vendre des pseudomédecines ! On comprend bien que cet activisme n'est pas qu'une manifestation folklorique de quelques fantaisistes  , mais bien une entreprise de malfaisance aux conséquences dramatiques.

Comme la mauvaise foi a des ressources inépuisables , l'article d'ACECOMED affirme :
"Il reste le cas de certaines maladies surévalués comme la poliomyélite ou l’hépatite B, et pour lesquelles des peurs illégitimes viennent cautionner les politiques vaccinales." Les données sur l'hépatite B fournies en introduction suffisent à comprendre en quoi ces peurs sont fondées et non pas illégitimes. Oui, 469 cas d'Hépatite B aigûe en 2 ans viennent "cautionner" la politique vaccinale ! Encore un complot des laboratoires ? 

Tout naturellement, ACECOMED publie également des contributions à charge contre les tri-thérapies anti-SIDA et préconise le recours "au savoir des médecines traditionnelles" en Afrique ! Ainsi celui signé par un certain professeur Yvette Parès (7) :

"Examinons les f ait s de plus pr ès. En ce qui concer ne le Nord, la culture occidentale très arrogante et dominatrice a toujours méprisé les médecines des peuples des autres cultures.Seule était valable la médecine scientif ique, t out es les aut r es n’ét aient qu’empir isme dénué d’intérêt . Or là r éside une grande erreur : les médecines tradit ionnelles de tous les continents portent en elles le patrimoine thérapeut ique de l’humanit é accumulé au cours des millénair es. Elles connaissent les ver t us des plant es de t out es les régions du monde, les propriétés nouvelles manifestées par les associat ions de plantes et l’importance de leurs proport ions relat ives dans les formules élaborées, ainsi que l’inf luence des modes de préparation.

En vingt ans que des produits toxiques

C’est dans cette immense richesse connue, notamment dans le domaine des plantes antivirales et autres complémentaires, qu’il aurait fallu immédiat ement puiser en appelant en renfort les maîtres de très haut niveau de ces médecines. Ils auraient pu concevoir des modèles de traitement selon des modalités appropriées. Des initiatives isolées ont eu lieu mais elles ont été rapidement étouffées.Au lieu de cette mobilisat ion générale de tout es les intelligenceset de toutes les connaissances thérapeutiques de la planète, on a fait reposer le sort des malades sur les act ivit és d’un petit nombre de chimistes. Après vingt ans, ils n’ont fourni que des produits toxiques."

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Voila donc une professeure de médecine qui ne considère pas comme (seule) valable...la médecine scientifique ! Si elle ne nous donne aucun élément concernant un quelconque remède traditionnel qui serait efficace dans la lutte anti-SIDA, elle remet en cause l'activité des chimistes dont les produits toxiques ont permis une diminution considérable de la mortalité liée au SIDA, dans les pays qui en bénéficient. 

Selon l'OMS : "
chez de nombreux patients, la trithérapie ramène la charge virale à un niveau indécelable. Bien que le virus ne soit jamais éliminé (et que personne ne soit guéri), le risque pour une personne traitée efficacement de transmettre le VIH est très réduit. Si la trithérapie est associée à des stratégies visant à promouvoir les conduites à moindre risque (voir encadré ci-dessous), l’impact sera considérable et la prévention du VIH sera plus rapide".

Bien sûr, la lourdeur du traitement, la nécessité de réadapter fréquemment le traitement compte tenu des mutations du virus, les obstacles culturels en Afrique constituent des sérieux problèmes dont il faut tenir compte. Mais comment incriminer le seul traitement efficace connu , auquel la plupart des africains n'ont malheureusement pas accès pour essayer de faire croire que la médecine traditionnelle aurait la solution ? Cette escroquerie  , venant de médecins formés à la médecine scientifique est mille fois plus méprisable que les croyances persistantes dans les pouvoirs des guérisseurs, marabouts et autres dans la société africaine.On notera d'ailleurs que sous l'impulsion des sectes de la "médecine  alternative" , c'est l'Occident devient exportateur net d'obscurantisme , a défaut de mettre à disposition de tous les vrais médicaments qu'il sait produire. Fort heureusement, il y a en Afrique des gens lucides   qui cherchent réellement à lutter contre le SIDA , comprennent que les médecines traditionnelles nuisent au bon suivi des traitements ART (8)". On comprend bien sûr que , pragmatiquement , ils cherchent à composer avec les croyances et le pouvoir des "tradipatriciens". Mais leur objectif est bien de réussir à faire adopter les trithérapies, et non de s'en remettre aux gris-gris si admirés par les illuminés occidentaux de l'ACECOMED.

Pour conclure citons une nouvelle fois la propagandiste anti vaccination d'ACECOMED :

"Sylvie Simon constate que la littérature médicale foisonne d’articles qui remettent en cause la dangerosité intrinsèque des maladies. Certaines maladies semblent favoriser les conditions d’adaptation de l’espèce humaine. Ainsi la vaccination pourrait à terme, mettre l’homme en péril en n’ayant pas permis des adaptations que les épidémies auraient favorisées. (4)"

On a tout simplement là une apologie de l'Eugénisme. En vaccinant , on protège les plus faibles, on va à l'encontre de l'oeuvre destructrice des épidémies où seuls les plus forts survivent, favorisant ainsi les "conditions d'adaptation de l'espèce humaine" . Doit-on voir dans cette position ultra-réactionnaire la raison des liens qui semblent unir l'ACECOMED et Teddy Goldsmith, rédacteur en chef de l'Ecologiste, et fanatique de la Deep Ecology . Pour celui-ci :
«
Pour maintenir l’ordre spécifique du cosmos, c’est-à-dire la hiérarchie du cosmos, il faut naturellement éviter de gâcher, de surexploiter, les ressources naturelles de notre planète. Ceci exige avant toute autre chose d’appliquer un certain contrôle démographique, parce que la démographie actuelle est hors de contrôle. » (...) la population maxima (de la Terre) ne peut guère dépasser 3,5 milliards d’habitants, et [qu’elle est] probablement très inférieure à ce chiffre »(9)

Vite une bonne série d'épidémies pour éradiquer les 3 Milliards d'humains de trop aux yeux de ce cinglé !  Et dire qu'ACECOMED se vante d'avoir collecté 8 500 signatures pour son manifeste...

 


Notes : 


(1)
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3244,36-993517,0.html?xtor=RSS-3244
(2) http://www.passeportsante.net/fr/Actualites/Nouvelles/Fiche.aspx?doc=2004022500
(3) voir notre article : Offensive contre la médecine moderne...
 
http://imposteurs.over-blog.com/article-14917354.html
(4) http://www.acecomed.eu/article.php3?id_article=27
(5) Source OMS
(6) Données fournies par Jean Brissonet dans SPS n° 237
(7)http://www.acecomed.eu/IMG/pdf/sida_mt.pdf
(8)
http://www.afrik.com/
(9) http://www.agriculture-environnement.fr/AENEW/aeprint.php3?id_article=46

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