Partager l'article ! Maïs MON 810 : le gouvernement français recalé par l’EFSA: Commentant le « rapport » Le Maho récemment adressé par le gouv ...
Commentant le
« rapport » Le Maho récemment adressé par le gouvernement français à l’Agence de sécurité européenne (EFSA) en soutien au rapport remis en février 2008 pour justifier la clause de
sauvegarde sur le maïs MON 810 promise aux écologistes, nous écrivions (1):
« On voit mal comment l’EFSA pourrait considérer ses arguments comme appuyant les « faits nouveaux » et « doutes sérieux » exprimés par Jean-François Legrand lors de la remise du rapport. En toute logique , elle devrait formuler une conclusion analogue à celles émises à l’encontre des demandes grecques ou hongroises d’interdiction du maïs MON 810 »
Ce pronostic était juste. L’EFSA vient de rendre public son avis scientifique sur le dossier français(2). Sa conclusion est sans appel.
Le panel OGM de l’EFSA n’ y a identifié aucune donnée nouvelle ou information scientifique susceptible de remettre en cause les évaluations précédentes sur les risques du maïs MON 810 qui font consensus dans l’Union européenne. Il considère que la France n’a apporté aucune preuve scientifique en terme de risque sur la santé animale ou humaine ou sur l’environnement qui justifierait la clause de sauvergarde et la suspension d’urgence du maïs OGM.
En clair , la manœuvre purement politicienne du gouvernement français n’a pas trompé l’autorité européenne et son dossier « scientifique » bâclé n’a pas impressionné le panel OGM.
Ayant recensé 13 « problèmes » parmi les documents remis par la France, l’EFSA précise que certains sortent de son domaine de compétence : en particulier, sur les aspects socio-économiques de l’introduction du maïs MON 810 (2).
Voici quelques aspects des commentaires de l’EFSA (3):
- Pour les conséquences éventuelles sur l’environnement, aux objections récurrentes empruntées aux anti-OGM sur les risques de dissémination, de flux de gènes, d’apparition de résistance de ravageurs ou d’effets sur la faune non cible, de persistance de la protéine Cry1Ab dans le sol etc.. l’ EFSA oppose les résultats de nombreuses études et tests effectuées en champs et les analyses comparatives avec du maïs conventionnel. Un retour aux faits constatés là où la propagande anti-OGM que le gouvernement français caresse dans le sens du poil ne vit que d’hypothèses et de scénarios catastrophes.
- Concernant les effets de la consommation de MON 810 sur la santé, l’EFSA observe notamment à propos des dangers d’allergénicité évoqués par le CHPA que ces hypothèses ont déjà été pris en considération et que selon le panel OGM, rien n’a pu être trouvé qui indiquerait un quelconque potentiel allergène de la protéine Cry1Ab du MON 810. Des précisions sur l’étude de Kroghsbo et al (2008) mettent par ailleurs en évidence la nature du travail fourni par le CPHA qui n’en a retenu que ce qui l’arrangeait et ne s’est pas donné la peine de lire jusqu’aux bout certaines études citées à charge contre le MON 810, ignorant les conclusions ou les réserves formulées par les auteurs eux-mêmes sur la portée de leurs résultats.
- Concernant le fait que la structure primaire de la protéine Cry1Ab produite par le MON 810 ne soit pas strictement identique à la protéine naturelle, le panel OGM a considéré l’abracabrantesque parallèle fait par le CHPA et Le Maho avec le prion pathogène et la maladie de la vache comme « hautement spéculatif ». Une manière polie de dire que c’est… n’importe quoi !
Le gouvernement français ne sort donc pas grandi de son opération. Il est très probable qu’il n’ignorait pas la nature de l’avis que formulerait le panel OGM et la fin de non recevoir de l’ EFSA. Mais fidèle à ses pratiques, le gouvernement français a annoncé qu’il ne tiendrait pas compte de l’avis scientifique de l’EFSA (4). Selon Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciusko-Morizet l'avis de l'EFSA n'est qu'une "étape" du processus et que la décision revient au Conseil des ministres européens puis éventuellement à la Commission européenne.
Admettons, mais pourquoi alors des organismes scientifiques si c’est pour ne tenir aucunement compte de leur avis ? L’ EFSA a démonté l’argumentaire présenté par le gouvernement français. Donc il suffit de dire que l’EFSA n’est pas « un bon club » ! Il ne reste plus au gouvernement qu’à demander la dissolution de l’autorité européenne pour la sécurité alimentaire et son remplacement par une CPHA européen qui à l’instar de son homologue français rendra des avis conformes à ce qui a été décidé par les politiques !
La raison scientifique et les raisons politiciennes ne font décidemment pas bon ménage .
Anton Suwalki
Notes :
(1) http://imposteurs.over-blog.com/article-23382906.html
(2) http://www.agriculture-environnement.fr/telecharger/Efsa-ogm.pdf
(3) qui de toute façon avaient été abordés avec autant de légèreté que les aspects sanitaires et environnementaux par le CPHA et Yvan le Maho. Cf le 5ème paragraphe du lien proposé en note (1)
(4) nous ne détaillerons pas l’avis de l’EFSA dans la mesure où il s’agissait que de réaffirmer des acquis scientifiques maintes fois évoqués face à un dossier qui selon la formule de l’agence européenne n’apportait rien de nouveau… Nous nous contentons de résumer quelques points abordés dans le document de l’EFSA qui mettent en relief la différence de méthode entre l’EFSA et le CHPA instrumentalisé par le gouvernement.
(5) http://fr.news.yahoo.com/2/20081031/tsc-ogm-la-france-maintient-sa-position-c2ff8aa.html