29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 16:26

 

Lorsqu’exceptionnellement, un journaliste fait entendre une autre voix que la propagande anti-OGM, il peut s’attendre à se faire descendre en flèche par ceux qui estiment avoir le monopole de l’expression médiatique.  Une intervention , certes approximative, de Jean-Daniel Flaysakier au journal de 20 heures de France 2 à propos de l’annulation de la clause de sauvegarde sur le maïs MON 810, a déclenché l’ire du célèbre « lanceur d’alertes » Christian Vélot,  connu des lecteurs d’Imposteurs pour son insoutenable légèreté.

L’article de C Vélot, initialement paru sur Bastamag (1), site internet « alternatif », et déjà repris des centaines de fois sur la toile, prétend démonter« une à une les énormités qu’il a proférées, comme autant de manquements à sa double qualité de médecin et de journaliste ».

Hélas pour lui, C.Vélot se retrouve dans la position de l’arroseur arrosé, comme nous allons le voir.

 

 

 

Selon C.Vélot , « M. Flaysakier semble connaître autant le dossier des OGM que Liliane Bettencourt connaît les transports en commun.  À moins qu’il ne fasse volontairement de la désinformation. Son intervention est cousue d’énormités à faire rougir Claude Allègre. »

A défaut d’être pointu dans ses critiques, C.Vélot sait très bien embobiner ses supporters par les mêmes clins d’œil, et les mêmes vannes répétées dans tous ses articles et conférences. On peut toutefois se demander si en matière d’OGM, C.Vélot en connait beaucoup plus que Liliane Bettencourt…

 « On aimerait bien que les OGM soient évalués comme des médicaments ». Certes, Mr Flaysakier affirme à tort que les OGM sont évalués comme des médicaments. Mais pourquoi devrait-on évaluer des aliments comme des médicaments ? Où est le problème de comparer des aliments issus de Plantes génétiquement modifiées, à des aliments conventionnels dont la consommation est reconnue comme sûre ?  Peut-être C.Vélot souhaite-t-il un moratoire sur tous les aliments conventionnels , tant qu’ils n’ont pas été évalués comme des médicaments ?

« M. Flaysakier, sans doute conscient malgré tout que la pauvreté de ces expériences pourrait interpeler le téléspectateur, s’en sort avec une pirouette pour le moins originale basée sur la bonne vieille règle de trois : il ne parle pas de trois mois mais d’une période équivalente à dix ans de notre vie. Alors, celle-là, on ne nous l’avait pas encore faite ! »

Encore une fois, faute d’arguments, C.Vélot joue comme dans ses conférences d’effets de tribune «Alors, celle-là, on ne nous l’avait pas encore faite ! » qui raviront sans doute un public peu averti mais conquis d’avance à la cause. Et ensuite ? 3 mois dans la vie d’un rat représente en effet approximativement 10 ans de la vie d’un homme, compte tenu des espérances de vie respectives du rat et de l’homme. Les sarcasmes de C.Vélot auraient un minimum de crédit s’il était capable de nous expliquer en quoi la règle de trois est une mauvaise approximation dans le domaine qui nous intéresse. Mais n’étant pas toxicologue, il préfère bien sûr s’en tirer par une pirouette !

Cette tromperie volontaire est destinée au public à qui C.Vélot répète à l’envi que 3 mois, ça n’est pas sérieux : et ce public qu’il trompe sans vergogne rapporte effectivement ces 3 mois à sa propre espérance de vie (environ 80 ans) , et non pas à celle des rats, et conclut avec le manipulateur, qu’effectivement, 3 mois, c’est bien trop court ! 

 

« M. Flaysakier ignore-t-il également que la plupart des pesticides sont connus pour être des perturbateurs endocriniens pour lesquels ce n’est pas la dose qui fait le poison mais la durée ? Une consommation récurrente d’une faible dose peut avoir des conséquences beaucoup plus graves qu’une absorption ponctuelle d’une plus grande quantité. Et, très souvent, il n’y a pas non plus de proportionnalité entre l’effet et la dose. Quant aux effets des OGM chez l’homme, on aimerait bien savoir à quelles études notre journaliste référent fait allusion ? »

Nous y voilà, les perturbateurs endocriniens, le lapin que les anti-OGM sortent systématiquement de leur chapeau. C.Vélot serait bien en peine d’étayer son affirmation selon laquelle « la plupart des pesticides sont connus pour être des perturbateurs endocriniens. Certains peuvent l’être dans certaines conditions, mais pas « la plupart » . Et il confond visiblement effets non linéaires et absence de relation de dose à effet. Non, Mr Vélot, il est faux de dire « ça n’est pas la dose qui fait le poison mais la durée ». Aucune substance connue n’a d’effet indépendamment du couple DOSE X DUREE (d’ingestion ou d’exposition).

« les pesticides eux-mêmes ,dont sont gavées la plupart des plantes génétiquement modifiées cultivées à la surface de la planète » .

C.Vélot parle de gavage ? Comprend-il quoi que ce soit à ce qui se passe réellement ,ou utilise-t-il le terme dans le seul but de faire peur ?

« Le médecin Flaysakier ignore-t-il que si une période de trois mois peut permettre d’observer des effets aigus, elle est insuffisante en revanche pour détecter d’éventuels effets chroniques ? »

On n’en croit pas nos yeux !

C.Vélot, qui prétend donner des leçons à Jean-Daniel Flaysakier, confond toxicité aigüe et toxicité subchronique , comme une vulgaire Marie-Monique Robin !

 Petite leçon à l’intention de notre grand donneur de leçons : les études de toxicité aigüe consistent à exposer une population animale à une dose massive, en une seule prise, et à mesurer la dose létale, notamment la « DL50 », c’est-à-dire la dose qui provoque 50% de mortalité dans la population testée. C.Vélot ignore les buts et les méthodes des études subchroniques dont il critique l’insuffisance. Celles-ci exposent quotidiennement les animaux à la substance testée (enfonçons le clou, 90 jours pour un rat équivalant approximativement à dix ans de la vie d’un homme), peuvent appeler à des études plus longues si des problèmes sont détectés, mais celles-ci ne mettent en général en évidence aucun problème qui n’auraient été détecté au cours d’études subchroniques(2) .

Autre élément essentiel qui échappe à la compréhension de notre grand savant : réclamer deux ans d’études (soit l’équivalent de la durée de vie d’un rat), pour un aliment issu de plantes génétiquement modifiée, c’est faire comme si une PGM donnée qui arrive aujourd’hui sur le marché allait être cultivée et consommée pendant 50, 60 ou 80 ans, ce qui est totalement irréaliste.

 « Pourquoi M. Flaysakier omet-il de mentionner les contre-expertises réalisées par des chercheurs du Comité de recherche et information indépendantes sur le génie génétique (Criigen), publiées en 2007 et 2009 dans des journaux scientifiques internationaux à comité de lecture, et remettant en cause l’innocuité sanitaire de plusieurs maïs de Monsanto (dont le MON 810), et, par conséquent, le bien-fondé des autorisations délivrées par la Commission européenne sur l’avis de l’Agence européenne de sécurité des aliments (AESA) pour ces plantes génétiquement modifiées ? »

Ah, bien sûr, le CRIIGEN, dont une des cinq études publiées sur les OGM (3), compte parmi ses signataires, un certain C.Vélot, qui confond toxicité aigüe et toxicité subchronique. C’est vous dire s’il faut accorder du crédit à ses « contre-expertises » (4)! Il oublie bien sûr de mentionner que toutes les publications du CRIIGEN ont été retoquées par la communauté scientifique.

   

« de nombreux scientifiques dans le monde s’élèvent contre la carence et l’opacité de l’évaluation sanitaire des OGM agricoles »

Nombreux dit il ? combien ? lesquels ? (on doit les compter sur deux mains et encore !, si on parle de personnes pouvant prétendre à une certaine compétence dans le domaine). En plus cet « argument » tombe vraiment mal, récemment 41 scientifiques Suédois viennent de faire une lettre ouverte pour réclamer un allègement des procédures de l’évaluation sanitaire des OGM, L.O. qui a été relayée par les anglais (plus de 400 signatures) ainsi que par la France (plus de 400 signatures également).

Oser par ailleurs écrire qu’il y a des carences et de l’opacité dans l’évaluation sanitaire est la meilleure preuve que C.Vélot  ne connaît ni la réglementation, ni les procédures, ni la manière dont est réalisée l’évaluation en Europe des OGM. Si il y a quelqu’un qui a des carences, c’est bien lui !

C.Vélot qui entendait ridiculiser le journaliste de France 2 , ne réussit qu’à se discréditer lui-même. Mais non content d’étaler son ignorance, il s’abaisse un peu plus en maniant la calomnie : 

« Que le citoyen Jean-Daniel Flaysakier se fasse le VRP des OGM et le porte-parole de Monsanto ou des chercheurs du panel OGM de l’AESA – ou, en France, de l’Association française des biotechnologies végétales (AFBV) –, dont on sait qu’ils sont totalement inféodés au lobby des semenciers, c’est tout à fait son droit et cela ne regarde que lui. »

Bien entendu, Mr Flaysakier ne peut être qu’un agent à la solde de Monsanto!

 

 

Discours cousu d’énormités, méconnaissance du dossier, absence de rigueur élémentaire, manquements à la déontologie de son métier, diffamation… C.Vélot possède vraiment tous les défauts qu’il reproche à ses adversaires.

Anton Suwalki 

 

 

(1) http://www.bastamag.net/article2005.html?id_mot=38

(2) lire à ce propos les conclusions d’une étude récemment publiée :

http://www.marcel-kuntz-ogm.fr/article-pas-d-effet-a-long-terme-92356951.html

(3) http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2952409/?tool=pubmed

(4) Nous invitons les lecteurs qui auraient encore des illusions sur le CRIIGEN à consulter le dossier spécial qui lui est consacré :

 http://imposteurs.over-blog.com/pages/Tout_ou_presque_sur_le_CRIIGEN-4536267.html

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commentaires

magoni 25/01/2012


Moi aussi complètement déboussolé quand je pense au radon , à la beladone , digitale , amanites et autres.

nosiarvi7 26/01/2012


Tout dépend de l'amanite,



Ceux qui ont eu la chance de gouter une amanite des Césars comprendront.

JG2433 26/01/2012


Un champignon tout ce qu'il y a de plus naturel mais pas du tout recommandable à la consommation humaine  : l'amanite phalloïde (Amanita phalloides).


Ne serait-ce que la moitié de son chapeau est létale pour l'homme.

Vincent 30/01/2012


Je viens d'assister à une conférence donnée par Christian Vélot sur les OGM à la Mairie du 2ème arrondissement à Paris. Je ne connaissais pas Vélot et n'ai pas les connaissances scientifiques
pour juger de la solidité de ses critiques... jusqu'à ce qu'à la fin de la partie questions-réponses, il dise croire à l'homéopathie et à la biodynamie 


J'ai donc lancé Google en rentrant et suis tombé sur ce site. Et maintenant, je ne sais que penser de sa critique des OGM et plantes mutées.

magoni 30/01/2012


Ici c'est les imposteurs, maintenant à toi de voir.

GFP 30/01/2012


Bonsoir Vincent,


Il y a sur ce blog 3 articles qui démontent certaines des âneries, mensonges et affirmations gratuites de Christian Vélot.


Christian Vélot 1


Christian Vélot 2


Christian Vélot 3


Si après la lecture de ces articles vous avez encore des questions n'hésitez pas à les poser ici.


 

Clovis Simard 08/07/2012


Blog(fermaton.over-blog.com),No-2. THÉORÈME DE CLOVE. - Mathématiques des aliments.

Clovis Simard 08/07/2012


Blog(fermaton.over-blog.com),No-2. THÉORÈME DE CLOVE. - Mathématiques des aliments.

pj bartho 15/07/2012


bonjour,


 


Il est bien gentil avec son blog fermaton, mais si on pouvait éviter de tels messages...

search here 17/04/2014

the problems and issues between the people is one of the most talked about the disturbing facts in the society to co-exist and i am happy that you have revealed the article here titled Christian Vélot attack Jean-Daniel Flaysakier: a new version of the biter. this is a informative one.

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