Quantcast
Lundi 16 novembre 2009 1 16 /11 /Nov /2009 17:35

Je remercie Olivier Chacornac qui travaille dans l’encadrement de recherches médicales à  l'Unité de Recherche Clinique Paris-Centre pour cette contribution.

Anton

7 Décembre : L’article d’Olivier Chacornac a été reproduit par Hoaxbuster , excellent compagnon de route des sceptiques :

http://www.hoaxbuster.com/hoaxliste/hoax.php?idArticle=81103

A lire l’ensemble du dossier sur H1N1 de ce site:

http://www.hoaxbuster.com/dossiers/detail.php?idDossier=80988

 


 

 

Le Dr Marc Girard a publié le 1er septembre 2009 (mis à jour le 4 octobre 2009) un essai intitulé « Grippe porcine : vacciner ou pas ? » regroupant de nombreux arguments en défaveur de la vaccination contre la grippe A(H1N1) [1].

 

Ayant lu cet essai, je propose d'en faire ici une analyse critique car ce genre de texte reprend l'argumentaire type du mouvement anti-vaccination et qu'il est d'autant plus décevant de retrouver de telles positions chez des personnes dont le nom est précédé de la mention « Dr ».

 

L'essai fait 38 pages. Arrêtons ici le suspens : il est truffé de raccourcis fallacieux, d'épouvantails grotesques (cupidité de l'industrie pharmaceutique, incompétence/corruption des autorités sanitaires) lorsque ce ne sont pas des mensonges purs et simples. En faire une critique détaillée serait un travail de longue haleine. Je me contenterai donc de faire une analyse détaillée de la première partie, car elle constitue un des points principaux sur lesquels s'appuie le reste de l'argumentation du Dr Girard. Pour le reste, je m'en tiendrai au points les plus aberrants ou mensongers.

 

Introduction : l'épouvantail de la menace pour les libertés

 

Marc Girard introduit le sujet avec en première partie un paragraphe intitulé « Une sérieuse menace pour les libertés » dans lequel il évoque la possibilité d'une vaccination obligatoire. Premier problème : sa seule source parlant de vaccination obligatoire est un article du Journal du dimanche datant du 31 mai, c'est à dire environ 2 mois après le début de la pandémie. Si la question d'une vaccination obligatoire a été discutée au sein des autorités de santé en début de pandémie, ce n'est plus le cas aujourd'hui : l'épidémie ne semble pas suffisamment sévère pour justifier l'obligation de la vaccination.

Deuxième problème : qu'est-ce que la liberté selon Marc Girard ? La liberté selon Marc Girard semble consister à choisir ou non la vaccination. Sauf que la liberté de ne pas se faire vacciner en implique d'autres : la liberté de se balader avec un virus potentiellement dangereux et la liberté de le transmettre, choses fortement nuisibles à la libertés des autres.

Pour la grippe A(H1N1), l'obligation de la vaccination ne se pose pas. La vaccination dépendra donc de la volonté des gens.

 

Par contre j'espère bien que si une épidémie de rage venait à arriver, notre gouvernement imposerait la vaccination afin que les réticents ne se transforment pas en vecteurs ambulants de la maladie. C'est ainsi : le bien-être et la liberté du plus grand nombre passe parfois par l'abolition temporaire de certaines libertés individuelles.

 

Mais le but ici n'est pas de faire tout un débat sur le choix ou l'obligation de la vaccination. Il s'agit de montrer comment Marc Girard entame son texte avec l'épouvantail grossier de la « menace pour les libertés » orchestrée par nos gouvernements.

 

Vient ensuite un paragraphe sur l'immunité judiciaire accordée aux fabricants de vaccins par les gouvernements. A partir de là, le ton de la conspiration commence à se faire sentir.

Ayant déjà critiqué ce genre d'argument conspirationniste dans un précédent article [2], je ne reviendrai pas dessus.

 

Marc Girard finit son introduction en annonçant qu'il compte se focaliser sur trois questions concernant la vaccination contre la grippe A : Quel bénéfice ? Quel risque ? Quel coût ?

 

Soit. Les deux premières questions m'intéressent beaucoup. La troisième beaucoup moins et je ferai donc l'impasse sur ce sujet.

 

 

 

Quel bénéfice ?

 

Marc Girard commence cette partie en citant la réputée Cochrane Collaboration. La Cochrane Collaboration fait effectivement office de référence dans le domaine médical, et cette association a récemment publié une série de revues au sujet de la vaccination contre la grippe saisonnière. Voici ce que Marc Girard dit à ce sujet :

 

« Chez le sujet âgé (65 ans et plus) : “according to reliable evidence the usefulness of vaccines in the community is modest” (sur la base des données fiables, l'utilité des vaccins hors institution est modeste), les auteurs soulignant par ailleurs que les études disponibles sont, pour l'essentiel, de mauvaise qualité et exposées à de nombreux biais. »

 

L'efficacité de la vaccination contre la grippe saisonnière, hors institution, semble donc modeste. Mais que veut dire « hors institution » ? Pour cela, il faut prendre l'ensemble de la conclusion de l'étude de la Cochrane Collaboration [3] :

 

In long-term care facilities, where vaccination is most effective against complications, the aims of the vaccination campaign are fulfilled, at least in part. However, according to reliable evidence the usefulness of vaccines in the community is modest. The apparent high effectiveness of the vaccines in preventing death from all causes may reflect a baseline imbalance in health status and other systematic differences in the two groups of participants.

 

La première phrase de la conclusion de l'étude dit clairement que la vaccination en institution est efficace à la fois pour réduire les cas de grippe et pour réduire les complications liées à la grippe saisonnière. Ce point semble avoir échappé à Marc Girard.

Pour le reste (hors institution), l'efficacité de la vaccination est modeste, mais il y a tout de même efficacité.

 

Marc Girard poursuit avec une autre revue de la Cochrane Collaboration concernant la vaccination contre la grippe saisonnière chez les adultes en bonne santé :

 

« Chez l'adulte jeune : “There is not enough evidence to decide whether routine vaccination to prevent influenza in healthy adults is effective” (il n'y a pas assez de preuves permettant de déterminer si la vaccination antigrippale est efficace pour prévenir la grippe chez l'adulte en bonne santé). »

 

Premier mensonge de taille de la part de Marc Girard. A moins qu'il se soit contenté de lire le titre de l'article sans aller plus loin (car la citation qu'il fournit est en fait le titre de l'article). Précisions :

 

-         Le titre est mal traduit. La traduction exacte est « il n'y a pas assez de preuves permettant de déterminer si la vaccination anti-grippale chez l'adulte en bonne santé est efficace ».

-         Dans le contexte, l'efficacité se réfère à « l'efficacité à réduire les hospitalisations et/ou à réduire l'absentéisme au travail »

-         La revue précise : « The review of trials found vaccinations against influenza avoided 80% of cases at best (in those confirmed by laboratory tests, and using vaccines directed against circulating strains), but only 50% when the vaccine did not match, and 30% against influenza-like illness, in healthy adults. » [4]. La revue de la Cochrane dit donc explicitement que la vaccination permet de prévenir 50 à 80% des cas de grippe chez les adultes en bonne santé, et 30% des maladies proches la grippe.

 

Pourtant Marc Girard ne se gène pas pour transformer honteusement les conclusions de la revue pour affirmer qu' « il n’y a pas assez de preuves permettant de déterminer si la vaccination antigrippale est efficace pour prévenir la grippe chez l'adulte en bonne santé ».

 

Pour être plus clair : les revues de la Cochrane Collaboration utilisent les termes « efficacy », qui se réfère à la capacité du vaccin à prévenir la grippe, et « efficiency », qui se réfère à la capacité du vaccin à prévenir les complications (hospitalisation) et l'absentéisme au travail. En français, les deux termes se traduisent par « efficacité » et c'est sur cette traduction que joue Marc Girard pour conclure de façon abusive que l'efficacité du vaccin à prévenir la grippe n'est pas prouvée.

 

Comble du mensonge, Marc Girard s'appuie sur cette désinformation pour ses extrapolations suivantes :

 

« Nul besoin d'être épidémiologiste pour prendre la mesure du problème posé par un vaccin pour lequel sur la base d'études menées durant 40 ans (la revue incluant les investigations entreprises de 1966 à 2006), personne n'a été capable de fournir la moindre preuve crédible d'une efficacité préventive. »

 

Quel est le résultat d'une extrapolation basée sur un mensonge ? Réponse : un autre mensonge.

La réalité : la vaccination contre la grippe saisonnière présente une efficacité de 50 à 80% (selon les années et selon que la souche utilisée correspond à celle de la vague de grippe), la Cochrane collaboration n'est pas la première à en arriver à cette conclusion, la preuve de l'efficacité de la vaccination anti-grippale a donc été faite à maintes reprises (cf les articles sur lesquels se base la revue de la Cochrane Collaboration).

 

Mais le massacre ne s'arrête pas là :

 

« Ce, d'autant qu'en parallèle, les auteurs relèvent que les études disponibles ne permettent pas non plus d'évaluer la tolérance du vaccin : d'où il ressort qu'incapables de fournir la moindre preuve crédible quant à l'efficacité du vaccin qu'elles recommandent depuis des années, les autorités sanitaires ne sont même pas en mesure, non plus, de garantir son innocuité... »

 

Aucune trace de ceci dans le résumé gratuitement disponible de l'article. Peut-être trouve-t-on quelque chose à ce sujet dans l'article complet (payant).

Cependant, Marc Girard joue sur les mots en mélangeant « tolérance » et « innocuité » qui n'ont pas grand chose en commun. Explication :

 

-         La tolérance se réfère à la tolérance à court terme, c'est à dire l'observation des effets indésirables survenant dans les quelques jours suivants l'administration du vaccin. Souvent, on observe des maux de têtes, une douleur au point d'injection, des douleurs musculaires, de la fièvre, etc. C'est à ceci que correspond la tolérance

-         L'innocuité correspond à la sécurité du vaccin. Il est question ici de savoir si le vaccin est dangereux ou non. (à court, moyen et long terme) Or l'innocuité des vaccins anti-grippaux est largement documentée [5] contrairement à ce qu'affirme Marc Girard.

 

Conclusion : Marc Girard se sert des faiblesses méthodologiques des études au sujet de la tolérance pour faire croire que le profil de sécurité des vaccins anti-grippaux est inconnu. Ignorerait-il les différences de définition des termes « tolérance » et « innocuité » ? Sachant qu'il se présente (à juste titre) comme expert en pharmacovigilance, j'en doute fort.

 

Et chez l'enfant ? Voici ce que nous dit Marc Girard :

 

« Chez l'enfant : “If immunisation in children is to be recommended as a public health policy, large-scale studies assessing important outcomes and directly comparing vaccine types are urgently required.” (S'il s'agit de recommander la vaccination des enfants comme mesure de santé publique, il est urgent d'entreprendre des études à grande échelle pour en évaluer les principaux impacts et opérer des comparaisons directes entre les différents types de vaccins). »

 

Soit. C'est effectivement une des conclusions de l'étude. Mais il y en a au moins une autre : « Influenza vaccines are efficacious in children older than two » [6]. Plus précisément, La vaccination  réduit de 59 à 82% le risque de contracter la grippe (ces différences s'expliquant par les différents types de vaccins utilisés). Malgré cette conclusion sans ambiguïté, Marc Girard affirme : « Une fois encore, les auteurs remarquent que les données disponibles – pour insuffisantes qu'elles soient déjà au regard de l'efficacité – sont absolument inutilisables pour vérifier la tolérance.  »

Une fois de plus, Marc Girard jour sur le terme « efficacité » et sa traduction pour sous-entendre qu'il n'existe aucune preuve que la vaccination prévient la grippe chez les enfants et entretient la confusion entre « tolérance » et « innocuité ».

 

Il reste ensuite un paragraphe sur l'efficacité de la vaccination chez le personnel soignant s'occupant de personnes âgées. Les conclusions de Marc Girard ne différant pas (pour un fois) des conclusions de la revue, il n'est pas utile de commenter cette partie.

 

Faisons une petite pause : sur toutes ces revues sur lesquelles s'appuie le Dr Girard, seule l'une d'entre ne voit pas ses conclusions se faire tronquer ou fortement déformer. Pour la revue concernant les adultes en bonne santé, Marc Girard inverse carrément la conclusion.

Ne pouvant, au vu du statut du Dr Girard, mettre tout ceci sur le dos de l'ignorance ou de l'incompétence, la seule option restante est la malhonnêteté intellectuelle éhontée.

 

On pourrait se dire que ça commence à faire beaucoup, mais Marc Girard va encore plus loin et s'en prend maintenant, sur la base de ses conclusions erronées, aux fabricants de vaccins :

 

« Depuis 1966, les fabricants ne se sont jamais donné la peine de fournir le minimum de preuves suffisantes quant à l'efficacité de leurs vaccins antigrippaux  ».

 

Et aussi aux autorités de santé :

 

« Les autorités sanitaires, qui octroient régulièrement les autorisations de mise sur le marché à ces vaccins antigrippaux, n'ont jamais exigé des fabricants ce minimum de preuves ».

 

On commence donc, doucement, à en venir aux propos conspirationnistes : les fabricants de vaccins se fichent de savoir si leurs vaccins sont efficaces, tant qu'ils peuvent les vendre, et les autorités sanitaires sont soit incompétents, soit de mèche avec ce commerce douteux.

 

Maintenant que Marc Girard a posé, sur fond de désinformation scientifique, les bases du doute, il ne lui reste plus qu'à embrayer sur la grippe A(H1N1).

 

Le vaccin contre la grippe A(H1N1)

 

Dans cette partie de l'essai, le raisonnement de Marc Girard est d'une grande simplicité : en 40 ans, on n'a jamais eu la moindre preuve de l'efficacité ou de l'innocuité des vaccins anti-grippaux donc il n'y a pas de raison de penser qu'il en sera différemment pour le vaccin contre la grippe A.

 

Nous avons droit au passage à quelques remarques sur l'avidité de l'industrie pharmaceutique avec des expressions amusantes comme « rapacité des fabricants » ou encore « rentabilité insolente ».

 

Marc Girard s'en prend aussi au processus rapide de fabrication du vaccin qui, selon lui, « justifie [...] les plus grandes inquiétudes quant à la sécurité des vaccins ainsi développés ».

 

Là je crois qu'il est temps d'ouvrir une petite parenthèse pour faire le point sur la sécurité des vaccins contre la grippe A(H1N1).

 

La sécurité du vaccin contre la grippe A

 

Le développement accéléré d'un vaccins pandémique suscite quelques interrogations quant à sa sécurité. Lorsqu'on sait que, habituellement, le développement d'un nouveau vaccin dure une dizaine d'année, il est difficile de ne pas se poser de questions sur son innocuité.

 

Heureusement, l'industrie a une grande expérience dans la fabrication de vaccins viraux, et plus particulièrement en ce qui concerne les vaccins grippaux, utilisés maintenant depuis plus de 40 ans. Le développement accéléré d'un vaccin, c'est ce qui se passe chaque année pour la grippe saisonnière : étant donné que chaque année, le virus est nouveau, le vaccin doit être développé en quelques mois seulement. Les produits utilisés dans ces vaccins, y compris les adjuvants, sont bien connus et leur innocuité est largement documentée. Seul l'antigène (la « carte d'identité » du virus, qui permet sa reconnaissance par le système immunitaire) change. Jusqu'ici, les vaccins contre la grippe saisonnière n'ont posé aucun problème en termes de sécurité.

 

Les vaccins pandémiques sont produits selon le même schéma : ce sont les composants habituels qui sont utilisés, seul l'antigène est différent. Comme pour tout produit de santé, il y reste toujours une part d'incertitude. Dans le cas des vaccins contre le H1N1, l'incertitude est minime, comme pour tout nouveau vaccin contre la grippe.

 

Seuls deux risques existent dans le cadre d'une vaccination anti-grippale. Le premier risque est le choc anaphylactique qui apparaît dans moins de 1 cas pour 100.000 vaccinations. C'est pourquoi le médecin doit surveiller le patient pendant les quelques minutes suivant la vaccination, afin de pouvoir intervenir. Le deuxième risque est celui de développer un syndrome de Guillain-Barré (SGB). Le SGB est une maladie auto-immune qui provoque une paralysie progressive dont la plupart des cas, fort heureusement, se traitent bien. Ce risque est inférieur à 1 cas pour 1.000.000 de vaccinations [7]. Mais surtout, ce risque a besoin d'être relativisé :

-                     Le SGB touche environ 2 individus sur 100.000. Le risque du à la vaccination anti-grippale est donc très inférieur au risque de développer « naturellement » un SGB.

-                     La grippe elle-même est susceptible de déclencher un SGB [8].

 

Voilà pour la sécurité du vaccin contre la grippe A. Pour résumer, les risques liés à ce vaccin sont les mêmes que ceux liés aux vaccins contre la grippe saisonnière. Aussi, même si la grippe A(H1N1) est peu mortelle, le bénéfice est largement en faveur de la vaccination.

 

Le point sur la sécurité du vaccin étant maintenant faite, il est temps de revenir à l'article du Dr Marc Girard.

 

La grippe A(H1N1)

 

Dans cette partie Marc Girard passe une bonne partie de son temps à jouer avec les chiffres, faisant des calculs tous plus incohérents les uns que les autres. Par exemple, on y apprend qu'il n'y aurait pas eu 200 morts de la grippe A au Mexique mais seulement 7. D'où provient ce chiffre ? Mystère... La source n'est pas citée.

 

On a ensuite le droit à une remise en question des chiffres en général, puis de chiffre plus spécifiques comme la mortalité associée au virus, sa dangerosité chez la femmes enceinte, le tout fondé sur de la spéculation et non des chiffres concrets.

 

Mais le meilleur vient lorsque Marc Girard parle de la mutation potentielle. Là, on retrouve tous les pseudo-arguments des anti-vaccin en seulement quelques paragraphe, avec deux cas en particulier : « pourquoi le virus muterait-il vers une forme plus virulente ? » Et « pourquoi le vaccin se montrerait-il efficace contre une souche mutée ? »

Répondons à la première question par une autre question : que donnerait une mutation vers une forme moins virulente ? Réponse : rien. Le virus mutant serait éliminé par le système immunitaire de l'hôte et par compétition avec le virus d'origine (plus virulent) et nous n'aurions jamais connaissance de l'existence de cette mutation. Donc si nous observons un jour une mutation du virus, ce sera forcément une mutation vers une forme de virulence au moins équivalente.

Quant au vaccin, il serait possiblement moins efficace (mais pas inefficace) contre une souche mutante. L'un dans l'autre, ça n'est pas un prétexte pour attendre benoitement que le mal passe.

 

Notons au passage que Marc Girard accuse implicitement la communauté médicale et les instituts de surveillance sanitaire d'incompétence : ils ne sont pas fichus de fournir des chiffres corrects et spéculent sur l'efficacité du vaccin. Ces accusations deviennent beaucoup plus explicites par la suite.

 

Quel risque ?

 

Cette partie est nettement moins amusante et fort indigeste. Marc Girard nous sert tout un tas de sujets en vrac : le consentement des patients, des notions politiques et juridiques, et d'autres notions (rapport bénéfice/risque, bénéfice individuel versus bénéfice collectif) qui pourraient être intéressantes si elles n'étaient pas mélangées à tout et n'importe quoi.

 

Risque des vaccins

 

Revenons donc un peu au coeur du sujet, à savoir la propagande anti-vaccin du Dr Marc Girard (car à ce stade, il est difficile de ne pas parler de propagande). Cette partie de son essai pourrait, par son absence de pertinence scientifique, demeurer en tête de liste des absurdités anti-vaccinales. Ainsi on retrouve des propos comme le suivant :

 

« cette augmentation [de la fréquence des maladies auto-immunes] pourrait être liée à la diminution des maladies infectieuses (...) On suppose que les infections ont un rôle protecteur vis-à-vis des maladies auto-immunes. Or, comme ces infections régressent, elles ne protègent plus contre ces maladies  » (propos de Jean-François Bach)

 

L'hypothèse ne date pas d'hier et des recherches ont été effectuées sur le sujet. Dans ce cas, pourquoi nous servir l'opinion d'une personne plutôt que des résultats d'études, bien plus objectifs ? Sûrement parce que les faits scientifiques ne soutiennent pas cette hypothèse. C'est en fait l'inverse qui est vrai, à savoir que les maladies infectieuses sont connues pour déclencher des maladies auto-immunes [9 ; 10].

 

Je note ensuite avec amusement que Marc Girard parle ensuite du mouvement anti-vaccination d'une manière qui laisserait presque penser qu'il n'en fait pas partie. Difficile lorsqu'on est médecin d'assumer des positions aussi obscurantistes ?

 

Le reste est encore pire. En vrac, on peut lire :

 

« imaginons que ce vaccin – préparé dans les conditions de précipitation qui viennent d'être détaillées – expose effectivement un sujet sur mille à un effet indésirable grave, voire mortel : dans la perspective d’une vaccination universelle – obligatoire de surcroît – cela conduirait à 65 000 victimes pour notre seul pays  »

 

Imaginez donc ça ! C'est du jamais vu dans toute l'histoire de la vaccination (et de la médecine) : un vaccin qui tuerait une personne sur mille ! Le tout soutenu par... Rien du tout. Si le but est d'effrayer le néophyte en brandissant des chiffres aussi spectaculaires que bidons, Marc Girard s'y prend plutôt bien.

Rappelons au passage que le vaccin a été testé sur plusieurs milliers de personnes sans qu'aucun effet secondaire grave n'ait été noté. Il a aussi été administré à quelques millions de personnes sans qu'aucun événement inattendu ne soit à déplorer.

La vaccination fonctionne. Ca fait plus de 100 ans qu'elle fonctionne et heureusement, ça ne va pas changer d'ici à demain.

 

Dans la foulée, Marc Girard ne manque pas de signaler « l'irresponsabilité des autorités » ou leur potentielle « incompétence » ou « corruption ». A se demander à quoi servent les milliers de personnes travaillant à l'OMS et dans les autorités sanitaires. Si corruption, irresponsabilité ou incompétence il y a, il va falloir mieux qu'un torchon de 38 pages bardé de mensonges, de raccourcis scientifiques et autres sophismes pour en faire la preuve.

 

Bien sûr, Marc Girard a une petite poignée d'exemples de coquilles du système de santé (et encore, qui sont discutables), comme tous les anti-vaccin. Cependant, personne n'a jamais prétendu que ce système était parfait ou exempt de dérives. Mais se servir de quelques imperfections pour imaginer un mélange d'incompétence et de corruption pouvant potentiellement décimer 65.000 français, c'est à la fois audacieux, irrationnel et stupide.

 

Pour en finir...

 

A ce point, nous en somme aux trois-quarts de l'essai. Le reste n'est qu'un rabâchage du « danger » que représente le vaccin, de l' « incompétence » de notre système de santé et des « experts » (dans ce dernier cas, les guillemets sont de Marc Girard) de l'OMS, lorsqu'ils ne sont pas tout simplement corrompus.

 

J'aurais pu relever d'autres incohérences ou d'autre détournements d'informations scientifiques, mais je pense qu'à ce stade de l'analyse, la malhonnêteté intellectuelle du Dr Marc Girard ne fait plus de doute. La seule chose que j'ignore, ce sont les motivations qui l'ont amené à diffuser sur le Net un tel ramassis de désinformation scientifique qui ne risque pas de faire remonter sa côte de crédibilité (sauf peut-être auprès des gens déjà acquis à sa cause).

 

Le problème avec ce genre de désinformation, c'est qu'elle n'est pas réversible. Il suffit de voir comment les anti-vaccin ont repris le document pour le diffuser un peu partout sur le Net comme une référence pour se rendre compte que des textes aussi mensongers peuvent avoir un véritable impact. Une fois le doute et la paranoïa répandue, il n'est pas aisé de ramener la population à la raison.

 

Pendant ce temps, la vaccination a commencé dans de nombreux pays et on attend toujours l'hécatombe annoncée par les anti-vaccin.

Olivier Chacornac

 


 

Références:

 

[1] http://www.rolandsimion.org/IMG/pdf/Vacciner_ou_pas.pdf

[2] http://www.doutagogo.com/article-35737962.html

[3] http://www.cochrane.org/reviews/en/ab004876.html

[4] http://www.cochrane.org/reviews/en/ab001269.html

[5] http://www.who.int/vaccine_safety/reports/June_2007/en/

[6] http://www.cochrane.org/reviews/en/ab004879.html

[7] http://jama.ama-assn.org/cgi/content/full/292/20/2478

[8] http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/14522059?itool=EntrezSystem2.PEntrez.Pubmed.Pubmed_ResultsPanel.Pubmed_RVDocSum&ordinalpos=3

[9] http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19758207?itool=EntrezSystem2.PEntrez.Pubmed.Pubmed_ResultsPanel.Pubmed_RVDocSum&ordinalpos=5

[10]http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18231878?ordinalpos=1&itool=EntrezSystem2.PEntrez.Pubmed.Pubmed_ResultsPanel.Pubmed_SingleItemSupl.Pubmed_Discovery_RA&linkpos=3&log$=relatedreviews&logdbfrom=pubmed
Par Anton Suwalki - Publié dans : Charlatans...sans frontières
Ecrire un commentaire - Voir les 154 commentaires
Retour à l'accueil

Commentaires

Bon, il me semblait bien que ce Dr Girard chez Yves Calvi l'autre jour transpirait le sale type (enfin pour moi s'en est un).

J'avais lu quelques articles de ce monsieur, celui-ci ne fait que confirmer mes impressions.

Commentaire n°1 posté par sokal-bricmont le 16/11/2009 à 17h51
Ce n'est pas trop une surprise, il fréquente des champions dans le domaine de la désinformation scientifique. Ils doivent surement organiser des colloques ou des ateliers de travail ensemble histoire de perfectionner les techniques.
http://www.criigen.org/images/stories/prog-vaccins_061109.pdf
Commentaire n°2 posté par GFP le 16/11/2009 à 19h06

Je pense que ce Monsieur Girard devrait constituer un lobi anti-vélo , parceque le risque de mourir dans un accident de vélo est bien plus important que celui de mourir suite à une vaccination anti-grippale . MORT AUX VELOS !  et en plus y a pas de vaccin contre les acidents de vélo , quoi que !   le port du casque obligatoire ce serait pas mal , MAIS ça porterait atteinte à nos liberté !  AU SECOUR ! ......

Commentaire n°3 posté par ZOE le 16/11/2009 à 19h38
Bravo pour ce billet. J'ai bien aimé votre sens critique et le travail colossal qu'il y a derrière cette critique.

Professeur Perlimpinpin (http://professeurperlimpinpin.blogspot.com/)
Commentaire n°4 posté par Professeur Perlimpinpin le 16/11/2009 à 19h55
bien sur l'ACECOMED n'est pas en reste au grand jeux des charlatans
carrément " Une affaire de bioterrorisme"
http://www.medecine-ecologique.info/?S-informer-sur-la-vaccination
y a pas un vaccin pour les affabulateurs ?
Commentaire n°5 posté par l'autre perre le 16/11/2009 à 22h20
J'avais regardé sur le site "arrêt sur images" une émission au mois de septembre sur le thème de la pandémie grippale et de la vaccination, et il semble qu'il existe en France deux Dr Marc Girard spécialistes des virus...
Ce qui complique singulièrement les recherches google sur le sujet
Commentaire n°6 posté par Astre Noir le 17/11/2009 à 10h31
Bonne réponse. Une remarque toutefois : Il ne semble pas évident que la vaccination en centres spéciaux soit efficace (du moins plus qu'une coordination nationale avec les généralistes) , de nombreux problèmes logistiques (mauvais horaires et jours d'ouvertures des centres communiqués dans une partie non négligeable des citoyens concernés) se sont produits (ce qui est logique vu que la procédure est très rare) en France.

La conséquence pour le moment : on débloque des budgets supplémentaires pour une résultat lamentable (du genre : 25 patients en 4 heures, pour 3 médecins recrutés) . Mais c'est ici un problème politique, qui n'a effectivement rien à voir avec la dangerosité ou non d'un vaccin. 
Commentaire n°7 posté par Moktarama le 17/11/2009 à 10h38
Le mal est profond. On voit dans une réunion publique une députée européenne, chef de file de son parti aux régionales, docteur en biologie,  conseiller de ne pas se vacciner (mercredi 12-11-2009). A quoi pense-t-elle ?
Commentaire n°8 posté par Ds le 17/11/2009 à 17h02
Bonjour à tous.

Je suis assez d'accord avec l'article et les commentaires.
Je me bornerais juste à rappeler quelques points de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. Il vont en complément de cette phrase de l'auteur à laquelle j'adhère totalement.

"le bien-être et la liberté du plus grand nombre passe parfois par l'abolition temporaire de certaines libertés individuelles"


" Article IV:
La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société, la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi."

Article VII:
Nul homme ne peut être accusé, arrêté, ni détenu que dans les cas déterminés par la Loi, et selon les formes qu’elle a prescrites. Ceux qui sollicitent, expédient, exécutent ou font exécuter des ordres arbitraires, doivent être punis ; mais tout Citoyen appelé ou saisi en vertu de la Loi doit obéir à l’instant : il se rend coupable par la résistance".

La loi, ou plutô Les Droits de l'Homme et du Citoyen avait déjà anticipé les futurs objecteurs idéologiques. Mais aussi elle leur donne le droit de s'exprimer:
"Article XI
La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté, dans les cas déterminés par la Loi."

Il est donc de notre ressort d'expliquer l'intérêt des campagnes de vaccination (quelles soient ou non obligatoires) dans nos entourages, faire diffuser le message et "éduquer" les gens, puisque nous avons les connaissances que d'autres non pas.

La grippe A est bien moins dangereuse que la grippe saisonnière (1 cas mortel pour 5000 -10000 malades / contre 1 cas mortel pour 1000 malades). Personnellement, Je pense que le ministère connait parfaitement ces chiffres et qu'il s'appuie dessus pour une campagne non obligatoire. Chacun peut choisir de se faire ou non vacciner, c'est un choix personnel, comme pour la grippe saisonnière...

Je pense aussi que si nous étions soumis à une épidémie dangereuse (ébola, fièvre hémoragique, grippe espagnole...), tous ces crétins d'objecteurs anti-vaccin ne piperait pas un mot, et iraient se faire vacciner sans sourciller. Pire ils seraient même parmis les premiers à le faire... Voir ils crieraient au scandale car l'état n'aurait pas agit assez vite.

Don't feed the troll.

Bien cordialement.
Commentaire n°9 posté par daneil le 18/11/2009 à 10h12
Il doit s'agir de Michèle Rivasi, eurodéputé à Europe Ecologie, qui a tenu le même genre de discours dans une émission de France Inter (il y a 2 ou 3 semaines). Dans cette émission, elle a même eu le toupet de dire qu'on en faisait trop avec le principe de précautionau sujet de la grippe H1. Manifestement, ce principe est à géométrie variable.
Commentaire n°10 posté par douar le 18/11/2009 à 12h39
A l'inverse de Michèle Rivasi (qui a aussi fait dans mon bled une conférence pour dénoncer les dangers des ondes électro-magnétiques, après avoir fondé la Criraad... elle doit avoir plusieurs doctorats en biologie et en physique, en fait), voici une vidéo d'un dirgeant de la gauche quebecquoise qui appelle à se faire vacciner :

Première partie :
http://www.youtube.com/watch?v=0yZxQUkTeUw&feature=related

Deuxième partie :
http://www.youtube.com/watch?v=yj_EfZkBnQU
Commentaire n°11 posté par Luc Marchauciel le 18/11/2009 à 19h13
tu dis "un dirigeant de la gauhce canadienne", Luc, tu peux préciser ? 
Commentaire n°12 posté par anton suwalki le 18/11/2009 à 19h48
Je connaissais pas jusqu'à aujourd'hui. D'après le Net, Amir Khadir est médecin et député de Quebec Solidaire, un parti que dans la jargon trotskyste on qualifierait de "centriste", quelque part entre  la gauche et l'extrême gauche :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Qu%C3%A9bec_solidaire
Il semblerait que sa prise de position ait joué un rôle pour populariser  la vaccination au Canada, puisqu'il ne pouvait pas être soupçonné d'être vendu aux labos.
Commentaire n°13 posté par Luc Marchauciel le 18/11/2009 à 23h51
Voici un extrait du blog de Noel Mamère
 "La mobilisation générale a été décrétée dans tout le pays. On a ouvert les gymnases, sonné le tocsin médiatique, appelé à l’Union Sacrée. Le 11 novembre a substitué à la célébration de l’armistice, une belliqueuse déclaration de guerre contre le fléau de l’heure. La maréchale Bachelot se prend pour Clémenceau et fait le sacrifice de sa personne en se faisant vacciner, « pour donner l’exemple ». L’identité nationale ne suffisait pas, il fallait un bouc-émissaire qui renouvellerait le syndrome de la peur représenté traditionnellement par le pauvre et l’immigré, noir ou arabe ; il fallait un ennemi qui inocule son venin à notre insu. On l’a trouvé. Il flotte dans l’air. Il veut nous empêcher de travailler plus pour gagner moins, en nous mettant au repos forcé. Cet ennemi invisible a un nom, la Grippe A et le virus H1N1."
 Le reste à l'avenant.....
Commentaire n°14 posté par tybert le 19/11/2009 à 10h19
Mamère ne fait pas ici un discours "type" anti-vacinnaliste dans son acception sanitaire.

Il ne fait que vaticiner tel le crétin qu'il a toujours été, que la collusion entre labo et gouvernement gangrène ce pays, que l'expertise scientifique dans ce pays n'est jamais indépendante.

L'ex-journaliste accouche encore d'une prose convenue et lu mille fois. Ici, les vaccins ont juste remplacé le "nucléaire" ou les "OGM".

La constance dans la crétinierie en somme...joyeux Noël ! Sacré Mamère !
Commentaire n°15 posté par sokal-brcimont le 19/11/2009 à 11h23
voici un autre site qui discute de la vaccination "raisonnablement" :

http://www.atoute.org/n/article134.html  

et un article instructif sur le lobby anti-vaccination :
http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article144
 
Commentaire n°16 posté par gattaca le 20/11/2009 à 10h15
Bonjour

Il semble que les antivaccinations semblent en perte de vitesse, comme dans les autres pays, USA, Canada,...
Cela apparait dans les forums "médicaux", (il y a de plus en plus de personnes qui se sont fait vacciner qui temoignent) d'où une frustration qui apparait dans les commentaires des anti dans ces mêmes forums.
Commentaire n°17 posté par aatea le 23/11/2009 à 11h22
le Dr G. était chez Mermet voici un jour ou deux :

http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1793

Est-ce que qq'un a écouté ?
Commentaire n°18 posté par tonton Sigmund le 24/11/2009 à 22h56
Voir aussi l'interview par SPS de Daniel Floret , chef de service de pédiatrie à l’Hôpital Femme Mère Enfant de Bron et président du comité technique des vaccinations.

http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1283

Commentaire n°19 posté par anton suwalki le 27/11/2009 à 14h10

Comme la vaccination est toujours le sujet de l'heure (peut-être aussi pour la décennie à venir...)  et que je n'ai toujours pas l'impression que la population a été informée convenablement sur les risques de la vaccination, je continue à faire quelques recherches sur cette question. Comme vous avez pu le lire dernièrement dans mon article Grippe H1N1: le virus ne devient pas plus virulent, je remettais en question la démarche de l'émission Découverte de  Radio-Canada. J'estimais que l'on n'avait pas suffisamment parlé des effets secondaires bien réels de la vaccination, ce qui, pour des personnes qui croient que le doute dois toujours être permis, donnait des apparences de subjectivité. Je crois que les citoyens ont le droit de savoir afin de prendre des décisions en toute connaissance de cause.

Suivant la diffusion du reportage Grippe A (H1N1): tout ce qu'il faut savoir du 8 novembre 2009, je jugeai  que ce reportage ne nous informait pas de «tout ce qu'il fallait savoir». Je me suis adressé à l'Ombudsman de Radio-Canada pour lui faire savoir mon mécontentement à ce sujet. Voici un extrait de la réponse:

Il est certes difficile de tout dire, dans une émission qui tente de faire en quelque 45 minutes de temps utile, le tour de tout ce qu'il faut savoir sur la notion de pandémie, sur le virus de la grippe, sur la nature des vaccins et leur fabrication, et sur les données scientifique derrière la stratégie de vaccination adoptée par les autorités de la santé publique. On a donc traité brièvement (trop peut être ?) de ce dossier des effets secondaires possibles mais rares des vaccins. Mais je peux vous assurer que les journalistes de Découverte avaient bel et bien lu les études que vous citez, et qu'il en connaissaient les conclusion (et les limites) et que cela était mentionné dans l'émission. Le directeur des émission d'affaires publiques, télévision, Pierre Sormany

Puisque les effets secondaires sont «rares», on a cru qu'il n'était pas nécessaire d'en parler plus qu'il le fallait. Pourtant, depuis la diffusion de ce reportage, on a parlé presque quotidiennement d'effets secondaires réels dans les médias, et ce, partout à travers le monde. Voici un extrait d'un article révélateur:

Les autorités canadiennes ont suspendu un lot de vaccins du laboratoire britannique GlaxoSmithKline (GSK) à la suite d'un "nombre inhabituel de réactions allergiques graves" au vaccin contre le virus grippal H1N1, selon l'OMS. Source: Grippe A : un vaccin du britannique GSK, similaire à celui utilisé en France, provoque des allergies "graves"

De plus, avant même la diffusion du reportage de Découverte, l'Agence des médicaments en Suède avait déjà publié son premier rapport, le 29 octobre, sur les effets secondaires suite à la vaccination. Voici un extrait du rapport:

As of today, about 1.4 million doses of Pandemrix have been distributed in Sweden. In total, about two hundred adverse drug reaction (ADR) reports have been received by the MPA from Health Care Professionals and between 400-500 reports from consumers. The ADR reporting pattern does not deviate from what has been seen in the clinical trials. However, there is particular reason to follow reports of allergic reactions. Source: Summary of adverse drug reaction reports in Sweden with Pandemrix

Depuis, deux autres rapports on été publiés, un le 12 novembre et le plus récent le  26 novembre. Je vous suggère fortement de lire ces rapports. Ce que je tente de démontrer, c'est qu'il existe des effets secondaires bien réels et qu'il n'y a aucune raison de les cacher du public. Ce qui ressort, c'est que, finalement, les effets secondaires ne sont pas si «rares».

La question maintenant est de chercher à savoir si, comme le prétendent les autorités, les risques de la vaccination sont moindres que les risques de la grippe. À titre d'exemple, en Pologne, aucun vaccin n'a été acheté, donc personne n'a été vacciné:

Plus prudent et courageux que la plupart de ses homologues européens, le ministre de la santé polonais a refusé de se plier aux invraisemblables exigences du lobby pharmaceutique qui voulaient vendre en masse son vaccin douteux tout en s’assurant de ne pas pouvoir être poursuivi en cas de conséquences négatives sur la santé publique. [...] D’ailleurs la Commission européenne fait déjà pression sur le gouvernement polonais, qui ne veut pas acheter de vaccins sans études plus sérieuses démontrant leur sécurité et leur rapport bénéfices/risques. Source

Au moment d'écrire ces lignes, la Pologne dénombrait un total de 13 morts liés à la grippe A H1N1. Au Canada, selon le site officiel de l'Agence de la santé publique du Canada, on dénombrait 309 morts au 24 novembre, pour une population moindre que la Pologne. La Pologne aurait plus de 38 millions d'habitants alors que le Canada en compte environ 34 millions. Il faut se rappeler qu'environ 4000 personnes décèdent des suites de la grippe chaque année au Canada.

Par conséquent, il semble que la grippe A H1N1 n'est pas plus dangereuse au niveau des décès que l'est la grippe saisonnière. De plus,  sans vaccination, la Pologne aurait largement moins de décès liés à cette grippe, même avec une population plus nombreuse, que le Canada. Je ne suis pas un journaliste professionnel, mais je sais compter. Pourquoi nos journalistes ne se penchent pas sur ces statistiques? Voyez-vous, je sais qu'il y a d'autres éléments devant être pris en compte, mais il est même possible de lire, à première vue, que le vaccin semble être en cause concernant la disparité entre le nombre de décès au Canada et en Pologne. Évidemment, ce n'est qu'une hypothèse, qui pourra être confirmée ou infirmée seulement au printemps lorsque la saison de la grippe sera terminée. Ce que je constate, c'est que les médias font tout pour minimiser les risques de la vaccination tout en faisant tout pour faire paraître la grippe A H1N1 pire qu'elle ne l'est en réalité. N'est-ce pas une raison suffisante pour douter?

Quoiqu'il en soit, le principal argument pour pousser les gens à se faire vacciner est que la vaccination aurait permis d'enrayer plusieurs maladies dans le passé. Comme on dit, la plupart a pris cette déclaration pour du cash, mais il n'en demeure pas moins que des centaines de personnes remettent cette idée en question, dont Greg Beattie qui a écrit le livre Vaccination - a parent's dilemma. Je n'ai pas lu le livre, mais j'ai trouvé un tableau provenant de son site Internet qui est asse

Commentaire n°20 posté par Sylvain Racine le 29/11/2009 à 15h00
Le Canada est proche de la poche originelle du virus, à savoir le Mexique, + de 100M d'habitants, frontalier avec les Etats-Unis, 300M d'habitants.

Les Etats-Unis et le Canada compte parmi les population les plus mobiles de la planète, ce qui n'est pas le cas de la Pologne. Ici, la géographie tient une place prépondérante. Vous savez lire les chiffres peut-être, mais mal les cartes.
Commentaire n°21 posté par sokal-bricmont le 30/11/2009 à 10h23
Je suis juste un citoyen lambda ni trop crédule ni trop méfiant, plutôt cartésien d'ailleurs (ingénieur de formation) mais qui a pu voir également le peu de scrupules de l'industrie en général quand il s'agit de faire des résultats même si cela doit être au détriment de la santé (j'y ai même participé malheureusement, notamment dans l'installation des station de téléphone mobile où je peux vous assurer que nous disposons d'études qui montrent la dangerosité des stations de base par exemple...)... Ce soir je cherchais juste quelques infos sur le vaccin contre la grippe A car je dois prendre la décision de vacciner ou non mes trois enfants. Je suis tombé sur le "fameux" article de M. Girard, et j'ai souhaité chercher plus d'infos car cela me semblait un peu trop "gros". Je suis tombé sur cet article démontant l'étude de M. Girard, et je me sens obligé de vous dire qu'à sa lecture, et après un léger temps de réflexion (car au début cela me semblait bien étayé), il me semble que la réponse est aussi intellectuellement malhonnête que l'article incriminé. Car sur le fond on n'avance pas. On omet de préciser que si M. Grard exagère dans ses raisonnements et conclusions, la réalité des études Cochranne est quand même bien différente de celle que l'on veut nous faire croire (on parle de 50% à 80% d'efficacité chez certaines populations, alors qu'on nous laisse croire tous les jours que le vaccin est salvateur à 100% ou presque). On admet quand ça nous arrange que la grippe A est très proche des grippes saisonnières (pour justifier la rapidité de préparation des vaccins), mais on ne nous dit pas pourquoi il faut alors nous vacciner pour celle-ci et pas pour les autres... On prend tous les anti-vaccinations pour des conspirationnistes (peut-être pas tant dans l'article mais dans les commentaires et dans d'autres articles de ce blog). Personnellement je suis plutôt un "anti-vaccination" dans ce cas précis, mais je ne crois pas à la théorie d'un "complot" mis en place pour faire du fric ou détourner l'attention, ce qui ne m'empêche pas de penser, du fait de mon esprit cartésien et mon expérience du secteur industriel dans plusieurs pays d'Europe en tant qu'ingénieur et aujourd'hui traducteur, notamment pour des groupes leader sur des domaines sensibles, que les lobbys pharmaceutriques qui existent bien (le nier par ommission me paraît également assez malhonnête) ont fait tout ce qui fallait pour profiter de l'aubaine et essayer de vendre un nombre de doses de vaccination inespéré, et que les politiques, par manque de préparation, de compétence, et mal informés ou désinformés par ces lobbys, ont préféré jouer la carte de la sécurité. Par ailleurs, l'article dit que le coût n'est pas un problème, or je crois que ça l'est. Je suis d'accord avec l'auteur qu'en cas de rage, il faudrait vacciner à tout  va et ne pas demander son avis (ou en cas de grippe extrêmement virulente, ce qui, on l'a vu, n'est pas du tout le cas pour l'instant). Mais dans ce cas, c'est un coût énorme  pour une nécessité bien douteuse, et les gens qui comme moi se posent des questions apparemment légitimes sont pris pour des "conspirationnistes" par des gens qui veulent se faire passer pour des gens "raisonnables", "défenseurs de la science" et "pourfendeurs de charlatanismes". Cherchez l'erreur... Sincèrement, je trouve autant de charlatanisme dans vos articles que dans ceux de M. Girard ou de Thierry Meissan, ni plus, ni moins. Il me parait aussi farfelu de penser que Bush a commandité le 11 septembre, ou que les OGM sont complètement inoffensives pour l'homme
Commentaire n°22 posté par Christophe Morin le 01/12/2009 à 02h04

"j'y ai même participé malheureusement, notamment dans l'installation des station de téléphone mobile où je peux vous assurer que nous disposons d'études qui montrent la dangerosité des stations de base par exemple...)... "
Très bien, mais pourriez vous nous communiquer ces études? Sinon ça ne fait qu'alimenter les rumeurs.
Commentaire n°23 posté par douar le 01/12/2009 à 08h59
"Cartésien", "ingénieur", "ayant travaillé dans", vous justifiez chacune de vos intervention par le pire des arguments d'autorité, vous riez au nez des consiprationnistes mais le mot "lobby" transpire toute les trois phrases, vous vous érigez tel un sachant mais sans donner de chiffes ou de sources vérifiables, enfin, vous tentez de vous dédouaner en agitant le chiffon du 11 septembre (pour prouver sa bonne foi) ou des OGM pour faire comme tout le monde, le tout en enrobant les articles du blog d'une couche de "charlatanisme digne de Meyssan"...vous n'êtes ni cartésien, ni sérieux, ingénieur peut être mais qui a oublié la logique dans le coffre de sa voiture, scientifique dans son raisonnement si peu...
Commentaire n°24 posté par sokal-bricmont le 01/12/2009 à 10h06
"Il me parait aussi farfelu de penser que Bush a commandité le 11 septembre, ou que les OGM sont complètement inoffensives pour l'homme"
 
 Effectivement la comparaison entre les mensonges de Bush sur les armes de destruction massive et les mensonges des "écolos"sur la dangerosité des OGM pour l'homme  me semble tout à fait pertinente...
Commentaire n°25 posté par tybert le 01/12/2009 à 10h09
Désolé pour les raccourcis de cette nuit
à douar, chaque antenne GSM émet des ondes dans diverses directions en formes de lobe, les principaux lobres se trouvent en face, mais il y a des petits lobes également vers le bas et vers l'arrière. En fonction de l'antenne, de sa direction et du nombre de BTS raccordé à la station, et à l'antenne, on peut avoir en face 10V/m jusqu'à 40m, la même chose jusqu'à 4-5m en dessous et 3-4m derrière. Pour cette raison, dans certains pays, la Pologne par exemple, vous ne pouvez en aucun cas installer une antenne contre une façade, elle doit être au minimum à 5 m du sol, contrairement à ce qui se faisait fréquemment en France. Reste à savoir le seuil de dangerosité de ces ondes. On parle de 0,6 V / m, on sait que des appareils domestiques émettent plus, je ne sais pas s'il existe des études pertinentes là-dessus, personne n'a l'air de vouloir se mettre d'accord. Toujours est-il que 10V /m semble trop fort pour permettre que des antennes soient collées aux façades, mème si le béton atténue un peu la propagation des ondes, donc dans ce cas elles peuvent être considérées comme dangereuses, et en tout cas le principe de précaution appliqué par exemple en Pologne me semble plus judicieux. Cela n'enlève pas bien entendu le fait qu'avoir l'oreille collé à son tél toute la journée est plus dangereux qu'avoir une BTS à 50m en face de chez soi, mais personnellement je n'emménagerai pas dans un appart avec la tête en dessous d'une BTS... À mon avis il faudrait donc effectivement des études indépendantes, n'en déplaisent à beaucoup de posteurs de ce site, pour définir un seuil de précaution et une distance minimale par rapport aux antennes (au delà de 50m en face vous ne risquez plus rien par exemple, mais dire que çça ne fait rien à 10m, ça me semble assez risqué...)
à sokal-bricmont, si je parle de mon statut d'ingénieur, et autres, ce n'est pas pour légitimiser mes affirmations (légères et non documentées je le reconnais), mais juste pour dire que je ne suis pas un "décroissanteux" comme vous les appelez ici et là, ou un "écolo-bobo" a priori. Je suis plutôt technique et rationnel. Je suis venu sur ce site chercher des informations scientifiques et rationnelles, j'en ai trouvé, mais j'ai trouvé également un acharnement anti-sceptiques qui m'a paru très louche, et peu rationnel... En ce qui concerne le mot lobby, c'est pas moi qui l'ai inventé, et si vous ne croyez pas en leur existence et en leur moyens de pression (sic), grand bien vous en fasse et j'aimerais bien être de votre avis, mais malheureusement nous ne vivons pas chez les bisounours. Pour le "charlatanisme digne de Meyssan" c'était de la provoc bien entendu, je venais de lire un post de Anton Suwalski assez insultant sur un autre blog (ce qui le discrédite et est bien dommage d'ailleurs) et je me suis pris pour un zorro de la nuit et n'ai pas été meilleur que lui, ça m'apprendra.
à thyber, le 11 septembre est une chose, les armes de destruction massives en sont une autre. Cela dit, je reconnais que cette comparaison avec les OGM est tout à fait hors de propos. Difficile de se faire une idée sérieuse sur la question. Ce blog avait l'air de pouvoir constituer une réponse scientifique, argumentée et intéressante, mais on se rend compte que trop souvent son auteur et ses mousquetaires se laissent emporter par leur mépris des "hérétiques", "décroissanteux", "écolos bobos", etc. et s'en donnent à coeur joie sur d'autre site à pourfendre et insulter les "charlatans". Désolé, mais je n'ai pas trouvé ça très scientifique comme démarche, alors que bien des choses qui y sont dites pourraient permettre de nous éclairer un peu plus sur certains points assez obscurs. Par exemple, ce que je ne comprends pas et qu'on va peut être m'expliquer: disons OK pour les OGM, mais pourquoi doit-il y a voir un monopole sur les semences? Et comment empêcher la propagation des OGM si certains souhaitent ne pas en manger, ce qui semble aussi normal que le fait que certains, comme moi, souhaitent utiliser leur téléphone mobile? Mon raisonnement vous paraîtra sans doute simpliste, mais je ne suis pas scientifique, je me pose juste des questions et j'ai du mal à avoir des réponses non partisanes, sur ce site ou ailleurs
Commentaire n°26 posté par Christophe Morin le 01/12/2009 à 12h51
a douar En ce qui concerne les études, je vais essayer de me les procurer, mais ça fait longtemps. Pour avoir un permis de construire une station BTS en Pologne, vous êtes obligé de faire une étude de propagation des ondes sur la base des caractéristiques techniques du matériel installé. C'est le résultat de ces études, associé aux prescriptions imposées par le Ministère de l'Environnement polonais de l'époque (1998-1999) qui faisait que systématiquement nous étions obligé d'augmenter de 5 à 10m la distance des antennes sur les toits par rapport aux distances en France. En ayant discuté plusieurs fois (c'était un débat assez récurrent) avec les personnes chargées de ces études pour notre société, il leur semblait vraiment dangereux de coller les antennes aux façades comme on le faisait en France à l'époque. Vous voulez des chiffres: je le comprends tout à fait mais personne n'est d'accord sur le seuil de dangerosité. Si j'arrive à mettre la main sur l'une de ces études, je l'enverrai à l'animateur de ce blog.
D'autre part, et cela est valable également pour sokal-bricmont et thyber, je regrette que la seule chose qui vous ait intéressée de mon post ce sont mes petites provocs pour Anton Suwalski, légères, peu pertinentes et bien futiles ma foi, et sans doute déplacées, mais que vous ne m'avez pas éclairé sur le sujet principal, c'est-à dire les doutes sur le besoin de vaccination et la polémique Girard-Chacornac. En fait je me suis fait avoir, je suis rentré dans son jeu et me voilà coincé... ;)
Commentaire n°27 posté par Christophe Morin le 01/12/2009 à 13h07
Bonjour M. Morin,

Vous dites que je suis aussi malhonnête que Girard. Pourriez-vous préciser les points sur lesquels vous me trouver malhonnête ?
J'essayerai d'éclaircir mes propos sir je le peux.

Cordialement,

Olivier Chacornac
Commentaire n°28 posté par Poulpeman le 01/12/2009 à 21h16
Une bloggeuse anti-vaccination a fait part de mon article au Dr Marc Girard. Je vous laisse admirer la bassesse de sa réponse :

Marc GIRARD
à xxxxxxxxxxx
date 30 novembre 2009 05:57

Vous savez, on ne peut pas se battre contre tous les cons. A la demande de plusieurs internautes indignés, je suis allé rapidement jeter un œil. Ce gars, qui prétend me donner une leçon de lecture, avoue qu’il n’a accès qu’au résumé gratuit de la revue Cochrane : moi, j’ai le texte intégral… Cela suffit.

J’ai également rapidement lu sur un forum qu’il était salarié de l’industrie pharmaceutique : cela aurait été mieux s’il l’avait assumé.

Merci de votre soutien.

MG

Commentaire n°29 posté par Poulpeman le 07/12/2009 à 01h49
LUNDI 07 DECEMBRE : l'article a été republié sur HoaxBuster, excellent compagnon de route des sceptiques.

http://www.hoaxbuster.com/hoaxliste/hoax.php?idArticle=81103

A lire également l'ensemble du dossier de ce site consacré à H1N1 :

http://www.hoaxbuster.com/dossiers/detail.php?idDossier=80988

Commentaire n°30 posté par anton suwalki le 07/12/2009 à 17h14

Il est possible que la SEULE source parlant d'obligation et citée par Marc Girard était le journal du dimanche du 31 mai 2009. Mais ce ne fut pas la seule dans cette affaire.

 

Ainsi, la circulaire du 21août signé des ministres de la santé et de l'intérieur faisait aussi état de cette obligation pour les personnels des équipe de vaccination page 11 [1]:

 

« Toute équipe de vaccination devra s'auto-vacciner lors de sa première vacation »

 

Ce texte sera amendé par la circulaire du 28 octobre [1] :

 

« Dans,chaque centre, la vaccinations sera proposé, dès I'ouverture du centre aux personnels

des équipes de vaccination. Comme pour I'ensemble de la population, il s'agit d'une

vaccination sur la base du volontariat »

 

Les gendarmes :

 

La circulaire n°106084 du 8 septembre 2009 stipulait (page 2) [2] :

 

« La campagne de vaccination contre la grippe A(H1N1) sera inscrite au calendrier vaccinal des armées auquel sont tenus de se soumettre les militaires de la gendarmerie »

 

Cette disposition a mis les forums de gendarmes en ébullition : voir [3].

 

Finalement, par la mobilisation des gendarmes cette obligation a été levée : voir [4]. A noter aussi que cette circulaire est devenue introuvable sur le site rassemblant toutes les circulaires ministérielles [6]. Ce qui signifie qu'elle n'est plus en application ( Décret n° 2008-1281 du 8 décembre 2008 relatif aux conditions de publication des instructions et circulaires )

 

Notons cependant que pour valider légalement l'obligation exprimée par une circulaire, un décret était nécessaire mais qu'il était possible d'envisager de faire accepter cette vaccination aux gendarmes par le seul poids d'une circulaire.

 

J'attire aussi votre attention sur la lettre ouverte au Garde des Sceaux par le Syndicat de la Magistrature qui a très fermement marqué son opposition aux projets du ministère de la justice en cas de pandémie grippale [5]. Ces projets ont été considérés par le Syndicat de la Magistrature comme étant « des atteintes aux principes démocratiques » et le dispositif prévu de « liberticide ».

 

Ceci dit, il est vrai que Marc Girard a un mode d'expression beaucoup trop polémiste, c'est le moins qu'on puisse dire et cela nuit à la fois à lui-même et à la cause qu'il paraît vouloir défendre. Mais, comme au foot, il ne faut pas confondre le joueur et le ballon c'est à dire ici l'argument. Pour ma part, je préfère m'efforcer de jouer uniquement le ballon sans attaquer le joueur, quel qu'il soit. Je sais que des grands joueurs ont pu être adeptes du coup de boule, mais non, il vaut mieux éviter.

 

 

[1] Voir les circulaires du 21 août et 28 octobre :

http://www.sante-sports.gouv.fr/organisation-de-la-campagne-de-vaccination,3807.html

 

[2] http://panier-de-crabes.over-blog.com/article-vaccin-h1n1-obligatoire-circulaire-du-ministere-de-l-interieur-pour-la-gendarmerie-37500441.html

 

[3] http://gendarmes-en-colere.forum2discussion.net/gendarmes-et-citoyens-le-forum-principal-f1/la-vaccin-contre-le-virus-h1n1-sera-t-il-obligatoire-t16558-30.htm

 

[4] http://www.unisfaceauvaccin.org/index.php/actualites/activisme/265-lobligation-vaccinale-pour-les-gendarmes-a-ete-levee-.html

 

[5] http://syndicat-magistrature.org/spip.php?article968

 

Commentaire n°31 posté par Bernard le 08/12/2009 à 19h40

J'ai oublié la référence [6]

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000019900707

 

Je n'avais pas vu qu'on pouvait mettre des liens actifs, ce n'est pas toujours le cas.

Commentaire n°32 posté par Bernard le 08/12/2009 à 19h56
Bonsoir,

Ok, je veux bien mettre un bémol comme quoi les gendarmes et militaires sont potentiellement soumis à la vaccination obligatoire (ce qui me semble assez cohérent en situation de pandémie).

Ceci dit, ça ne change rien au reste de l'article : Marc Girard est un mystificateur anti-vaccination et rien ne permet de justifier ses "erreurs" mis à part la malhonnêteté.
Et malgré tous les sites qui ont réagi à mon article (Dr Girard compris), j'attends encore qu'on me démontre le contraire (ou ma malhonnêteté).

Olivier Chacornac
Commentaire n°33 posté par Poulpeman le 09/12/2009 à 01h30

Bonsoir,

Olivier Chacornac, je vous remercie pour votre réponse et le bémol que vous apportez vous honore. On pourrait discuter de l'opportunité de l'obligation pour les gendarmes et les militaires. Indépendamment de cela, après la publication de l'article du journal du dimanche et la très vive protestation des personnels hospitaliers à l'idée d'avoir à subir 3 injections vaccinales en quelques semaines (saisonnières + 2 H1N1) il a été dit et répété presque quotidiennement par Roselyne Bachelot que nul ne serait contraint de se faire vacciner. Elle a signé la circulaire du 21 août qui laissait entendre que la vaccination serait obligatoire pour les équipes de santé, son collègue de l'Intérieur signant aussi cette circulaire et celle affirmant l'obligation pour les gendarmes.

Il y a donc là une incohérence notoire qui a pu saper la confiance et alimenter le questionnement sur internet. A l'époque où le contenu des circulaires ministérielles restaient confidentielles ça pouvait passer mais aujourd'hui ce n'est plus possible. Ceux qui nous gouvernent doivent tenir compte de ce phénomène récent mais considérable et dont ils maîtrisent encore mal les implications.



Commentaire n°34 posté par Bernard le 09/12/2009 à 19h17
Bonsoir,

Pour le moment aucune vaccination n'est imposée, ça ne reste que théorique.
Honnêtement, je ne tiens pas à débattre sur ce sujet qui est une polémique sans fin. De plus, ce n'est pas le coeur de l'article.

Je m'intéresse plus aux fausses rumeurs propagées par les mouvements anti-vaccin et par le Dr Girard qui se sert des médias pour diffuser ses mensonges.

Désolé donc de ne pas poursuivre sur ce thème.

En espérant que le reste de l'article ait pu vous renseigner.

Cordialement,

Olivier Chacornac
Commentaire n°35 posté par Poulpeman le 10/12/2009 à 00h55

Merci pour votre réponse.

OK, ne parlons-plus de ce problème d'obligation.

Je connais le Dr Girard depuis plusieurs années à travers ses écrits sur la vaccination hépatite B dont je connais mieux le dossier que celui de la grippe. J'ai été obligé de constater qu'il avait la très forte tendance à marteler de multiples façons ''vous devez croire ce que je dis car c'est moi l'expert''. Indépendamment de la valeur de ses arguments je n'ai jamais apprécié cette attitude qui infantilise a priori toute démarche ''citoyenne''.

Que peut faire le citoyen quand il n'a pas une connaissance suffisante d'un dossier ? Se ranger derrière l'avis de son expert préféré, comme un choix politique ? Il reste au moins le critère de cohérence interne du discours. Ce critère peut permettre de déceler des points faibles. Il en existe sans doute dans le discours du Dr Girard que je ne cherche nullement à défendre ici. Mais je pense en avoir trouvé au moins un dans le vôtre, ce qui va me servir d'illustration. Vous écrivez en citant Girard :

« Le reste est encore pire. En vrac, on peut lire :  

« imaginons que ce vaccin – préparé dans les conditions de précipitation qui viennent d'être détaillées – expose effectivement un sujet sur mille à un effet indésirable grave, voire mortel : dans la perspective d’une vaccination universelle – obligatoire de surcroît – cela conduirait à 65 000 victimes pour notre seul pays  »

 

Imaginez donc ça ! C'est du jamais vu dans toute l'histoire de la vaccination (et de la médecine) : un vaccin qui tuerait une personne sur mille ! Le tout soutenu par... Rien du tout. Si le but est d'effrayer le néophyte en brandissant des chiffres aussi spectaculaires que bidons, Marc Girard s'y prend plutôt bien. »

 

Appliquons le critère de cohérence : Marc Girard dit « Imaginons... » il s'agit donc d'une hypothèse et non d'une affirmation. Je fais aussi souvent ainsi. A partir du premier calcul, si c'est un cas sur 10 000 cela fera 6500 victimes d'un effet grave etc sans avoir à repasser par les 65 millions de Français.

Prenant ensuite cette hypothèse comme une affirmation certaine vous faites muter les cas graves en décès : quand Girard écrit «expose effectivement un sujet sur mille à un effet indésirable grave, voire mortel » vous transformez cela en « un vaccin qui tuerait une personne sur mille ! » Vous avez sans doute lu trop vite mais convenez-en, le critère de cohérence est un instrument qui peut être efficace !

Ce même critère appliqué aux écrits de Girard ou à ceux de nos experts ou comités officiels d'experts type CTV, HCSP, Commission de pharmacovigilance ou Académie de médecine, pourrait aussi faire des ravages...J'ai en effet trouvé aussi quelques couacs dans les avis et compte-rendus de ces comités.

C'est l'une des armes du citoyen face aux affirmations des experts et surtout à leur domination psychologique sur le citoyen. Pratiquement, ils se placent dans la situation de Moïse descendant du Sinaï avec les tables de la Loi. Cette forme de domination, qu'elle soit pratiquée par un partisan ou un adversaire des vaccinations, n'est plus acceptable aujourd'hui. C'est ce que je voulais dire, pour l'essentiel.

 

Bien cordialement

Bernard

Commentaire n°36 posté par Bernard le 10/12/2009 à 09h59

Bonjour Bernard,

 

Vous dites :

"Appliquons le critère de cohérence : Marc Girard dit « Imaginons... » il s'agit donc d'une hypothèse et non d'une affirmation."

C'est effectivement une hypothèse. Mon analyse consiste à montrer en quoi elle est grotesque.

 

"Prenant ensuite cette hypothèse comme une affirmation certaine vous faites muter les cas graves en décès : quand Girard écrit «expose effectivement un sujet sur mille à un effet indésirable grave, voire mortel » vous transformez cela en « un vaccin qui tuerait une personne sur mille ! » Vous avez sans doute lu trop vite mais convenez-en, le critère de cohérence est un instrument qui peut être efficace !"

 

C'est effectivement une erreur de ma part. J'ai appliqué la formule "65 000 victimes" à des décès alors qu'il peut s'agir de victimes d'effets indésirables graves dans la formulation du Dr Girard.

J'ai hésité à rajouter un petit paragraphe sur la pharmacovigilance, mais ça me semblait un peu lourd. En fait, la campagne de vaccination étant suivi de près, on réagirait rapidement en cas d'événements indésirables statistiquement anormaux. C'est d'ailleurs ce qui s'est passé au Canada : suite à un taux élevé de chocs anaphylactique (5/100.000 au lieu de 1/100.000), un lot de Pandremix a été retiré. Bref, en cas d'événement inattendu, on réagirait bien avant qu'il y ait 65.000 victimes.

Rajoutons à cela qu'à l'époque où le Dr Girard a écrit son essai des études cliniques étaient déjà en cours sur plusieurs milliers de patient ce qui permet d'évaluer statistiquement les événements indésirables à un taux de 1/10.000.

Ce qui fait 2 raisons de plus de penser que l'hypothèse du Dr Girard est grotesque.

 

Cordialement,

 

Olivier

Commentaire n°37 posté par Poulpeman le 10/12/2009 à 14h03

Le 6è bilan de pharmacovigilance vient de sortir, ça tombe bien !

Il admet actuellement pour Pandemrix un taux de notifications de 0,7/1000 pour les effets indésirables toutes gravités confondues. 29 cas ont été déclarés graves c'est à dire '' Effet indésirable létal, ou susceptible de mettre la vie en danger, ou entraînant une invalidité ou une incapacité importantes ou durables, ou provoquant ou prolongeant une hospitalisation, ou se manifestant par une anomalie ou une malformation congénitale''

soit un taux de 1/50000.

On peut noter « 1 cas de paraplégie rapporté chez un jeune adolescent quelques heures après sa vaccination. »

Pour Panenza 28 signalements pour 500000 vaccinations soit 5,6/100000. 4 cas graves dont « 1 urticaire géante pris en charge par corticoïdes ».

Que dit l'EMEA, l'agence européenne du médicament, dans son point de pharmacovigilance du 3 décembre ?

 

Pour Focetria de Novartis, sur 4,5 millions de vaccinations effectuées au 27 novembre on a constaté 12 décès non expliqués, 1 cas d'hémorragie cérébrale et 3 chocs anaphylactique qualifiés de sévères.

Pour Pandemrix il y a eu 5,7 millions de vaccinés pour 55 décès non expliqués, soit 1 décès sur 100 000 vaccinés. Bien sûr, il est dit que rien n'indique que le vaccin soit responsable des décès non expliqués mais cela est-il convainquant ?

Il y a eu aussi 24 avortements ou naissances prématurées ou autres, 26 chocs anaphylactiques chez des enfants, 1 rejet de greffe cardiaque en Suède, un exemple de complications très graves et non attendue ?

Sans compter les décès il y a eu 5224 effets indésirables enregistrés pour Pandemrix soit presque 1/1000 tout niveau de gravité confondu.

Même si Girard y allait un peu fort avec 1 cas grave sur 1000 il faut quand même reconnaître que ces vaccins ne sont pas sans inconvénients désagréables et pouvant être graves. Il faut aussi reconnaître que des effets pourraient apparaître plusieurs mois ou années après la vaccination comme la vaccination hépatite B semble bien en avoir montré la possibilité, que cela ait été reconnu ou pas.

Commentaire n°38 posté par Bernard le 10/12/2009 à 20h40

@Bernard :"Même si Girard y allait un peu fort avec 1 cas grave sur 1000 il faut quand même reconnaître que ces vaccins ne sont pas sans inconvénients désagréables et pouvant être graves. Il faut aussi reconnaître que des effets pourraient apparaître plusieurs mois ou années après la vaccination comme la vaccination hépatite B semble bien en avoir montré la possibilité, que cela ait été reconnu ou pas. "
Bonsoir Bernard, je laisse bien sûr Olivier chacornac vous répondre sur tout le reste, mais j'interviens sur la vaccination contre l'hépatite B. Non, elle ne "semble pas avoir montré"... Depuis plus de 10 ans, de nombreuses études ont été menées à ce sujet sans que soit mis en évidence un problème lié à cette vaccination. J'ai d'ailleurs fourni dans un article récent les références de la dernière étude menée par une équipe de l'INSERM.
Il ne s'agit pas que ce "soit reconnu ou pas" , il s'agit que reconnaitre que  le dossier est vide à ce sujet. En dépit de toutes les études convergentes, cela restera néanmoins un objet d'agitation pour les militants anti-vaccination, dont il faudra bien poser publiquement la question des motivations.
Pour les cas que vous citez, je laisse la parole à l'auteur de cet article..
Cordialement
Anton

Commentaire n°39 posté par anton suwalki le 10/12/2009 à 21h54

Bonjour Anton,

Le problème principal posé par cette affaire de la vaccination hépatite B n'est sans doute pas la motivation des antivaccinalistes mais le fait qu'il y ait de nombreuses personnes atteintes par exemple de sclérose en plaques, maladie avec laquelle elles pourront vivre pendant 30 ans mais en ne pouvant ni exercer leur métier qu'elles ont dû abandonner ni travailler chez elles. Leurs conditions matérielles sont dramatiques et la crise économique n'arrangera rien. Reconnaître que cette vaccination serait la cause de leur malheur permettrait de soutenir matériellement ces personnes. Le refus, pour ne pas risquer de casser la campagne mondiale, maintient ces personnes, qui vivaient correctement, dans des conditions très précaires et qui le deviendront de plus en plus. Là est le problème. C'est pourquoi ce n'est pas qu'une simple joute verbale et intellectuelle que de chercher à savoir.

Le dossier est-il vide ?

Exemple : le 30 septembre 2008 la Commission de pharmacovigilance se penche sur l'étude Tardieu et déclare fortuit le résultat significatif qui faisait beaucoup de bruit au motif du risque de première espèce. Qu'en penser ? Un petit rappel : un test statistique est un signal d'alarme qui peut se déclencher à tort, c'est le risque de première espèce. Quand on teste à 5% , niveau habituel en épidémiologie, il y a 5% de chances pour que le signal se déclenche sans raison. Si on répète 100 fois l'expérience de façon indépendante on obtiendra en moyenne 5 expériences significatives de façon fortuite. C'est ce que voulait dire la Commission en parlant du risque très élevé de résultats significatifs fortuits en raison du grand nombre de sous-groupes testés (environ160). Si les 160 expériences étaient indépendantes cela donnerait en moyenne 8 résultats significatifs attendus dont 4 côté ''vaccin protecteur''. Mais les différents sous-groupes testés ne sont pas indépendants, certains étant par exemple inclus dans d'autres. Il n'est donc pas aisé d'évaluer le nombre de résultats significatifs attendus. Il est sans doute très largement inférieur à 8 pour cette raison et il faut diviser par 2 (test bilatéral).

Mais il y a une autre condition très importante : répétition de la même expérience. J'explique avec des pièces : je lance 100 fois un louis d'or et j'obtiens 80 piles. Je déclare alors qu'il y a une très forte chance que cette pièce soit déséquilibrée au profit des piles. La commission de pharmacovigilance me rétorque alors que non car un parisien a obtenu 42 piles avec une pièce d'un euro, un bordelais 45 avec 2 euros, un marocain....etc; qu'en cumulant tous les résultats, l'ensemble est équilibré et que c'est le résultat global qui compte. Si la statistique fonctionne ainsi il faut de suite la mettre à la poubelle ! Il deviendrait en effet possible d'annuler tout résultat des plus significatifs en le noyant avec des résultats obtenus dans d'autres conditions. Il est impératif que toutes les pièces aient la même probabilité de tomber sur pile et c'est la première chose à tester. En comparant les 80 piles du louis d'or avec les 42 de la pièce d'un euro on vérifie qu'il y a peu de chances qu'ils aient la même probabilité de tomber sur pile, ce qui anéantit le recours au risque de première espèce pour expliquer le résultat très fortement significatif du louis. Ouf ! La statistique est sauvée !

Transposé sur les sous-groupes de Tardieu cela signifie que les différents sous-groupes testés, disons les rouquins, les bruns, les blonds...pour parler simple, auraient tous le même risque de sclérose en plaques après vaccination hépatite B. L'un d'entre-eux, les rouquins, avait un risque relatif (odds ratio) de 2,77 et un autre (les bruns) de 0,45. La moyenne théorique étant 1, les écarts paraissent importants mais il faut tester plus précisément en raison des tailles des échantillons. Les intervalles de confiance communiqués m'ont permis de récupérer les écarts-type, ce qui m'a permis de tester*. La différence est très significative ce qui permet de penser que ces 2 groupes pourraient avoir des risques différents. Cela écarte le recours au risque de première espèce pour penser que le résultat serait fortuit.

Il faut reconnaître (tout à fait entre nous) que sur ce coup notre Commission nationale de pharmacovigilance s'est un peu ridiculisée même si personne ne s'en est aperçu, la culture statistique étant malheureusement nulle. Ainsi, dans la foulée, le CTV-HCSP et l'Académie de médecine se sont alignées sur cet argument sans le moindre scrupule alors qu'il anéantit d'un coup toute la statistique !!!

Cela ne démontre pas que le vaccin hépatite B serait capable de provoquer des scléroses en plaques mais seulement que l'un des arguments utilisés pour casser un résultat embarrassant ne valait rien. C'est tout mais c'est déjà beaucoup en démontrant les limites de nos comités d'experts et en justifiant ainsi la nécessité d'une réflexion citoyenne sur ces sujets afin de mixer des compétences diverses.

Cordialement

Bernard

*Je précise que je suis mathématicien réserviste.

Un mot de Churchill : Qu'est-ce qu'un dromadaire ? Un cheval dessiné par une Commission !



Commentaire n°40 posté par Bernard le 11/12/2009 à 10h14
« Je connais le Dr Girard depuis plusieurs années à travers ses écrits sur la vaccination hépatite B dont je connais mieux le dossier que celui de la grippe. J'ai été obligé de constater qu'il avait la très forte tendance à marteler de multiples façons ''vous devez croire ce que je dis car c'est moi l'expert''. Indépendamment de la valeur de ses arguments je n'ai jamais apprécié cette attitude qui infantilise a priori toute démarche ''citoyenne''. »

« Que peut faire le citoyen quand il n'a pas une connaissance suffisante d'un dossier ? Se ranger derrière l'avis de son expert préféré, comme un choix politique ? »


« C'est l'une des armes du citoyen face aux affirmations des experts et surtout à leur domination psychologique sur le citoyen. Pratiquement, ils se placent dans la situation de Moïse descendant du Sinaï avec les tables de la Loi. Cette forme de domination, qu'elle soit pratiquée par un partisan ou un adversaire des vaccinations, n'est plus acceptable aujourd'hui. »

Très intéressante analyse de Bernard. Oui on est bien dans l’infantilisation et la domination psychologique.
Commentaire n°41 posté par Michelle Julien le 11/12/2009 à 10h28
Bonjour Benard,
 
Les effets secondaires rapportés sont dans la normes attendue et similaires à ceux observés pour n'importe quelle vaccination anti-grippale.
Je trouve que c'est rassurant de voir que le vaccin se comporte comme prévu.
Pour les effets indésirable graves, ils sont aussi dans la norme attendue et il est intéressant de noter que la majorité sont rapidement résolus et sans conséquence.
D'ailleurs l'AFSSAPS et l'EMEA concluent que les données sont cohérentes avec le profil de sécurité du vaccin et qu'elles ne modifient pas la balance bénéfice/risque.
 
Quand on voit qu'aux Etats-Unis la grippe A a touché environ 50 millions de personnes (1 américain sur 6) et causé environ 10.000 décès, le bénéfice apporté par la vaccination saute aux yeux.
 
En ce qui concerne les effets à long terme, aucune étude n'a jamais mis en évidence de tels effets.
 
Pour l'hépatite B, je rejoins la réponse de Anton.
 
Cordialement.
Commentaire n°42 posté par Poulpeman le 11/12/2009 à 10h31
Sur 10 grandes études rétrospectives réalisées, seule une met en évidence un lien potentiel entre vaccin contre l'hépatite B et sclérose en plaque.
Ces résultats n'ont jamais été reproduits et la méthodologie de l'étude est discutable.
 
Les données sont donc très en faveur de l'absence de lien entre vaccin contre l'hépatite B et sclérose en plaque.
 
Cordialement.
Commentaire n°43 posté par Poulpeman le 11/12/2009 à 12h04

@ Michelle Julien

Merci pour votre appréciation. Je précise cependant, point très important, que ''experts'' et ''ils'' sont au pluriel et que mon propos se rapportait à tous les experts, individuels ou en comités officiels. Mon post de ce matin sur nos comités qui déclarent un résultat significatif fortuit au motif du risque de première espèce le démontre bien.

Faut-il regretter que ce soit ainsi ? A mon avis non car cela peut réveiller le citoyen en lui offrant aussi une opportunité de réfléchir par lui-même. Pour ma part, je ne cherche plus un expert digne de confiance derrière lequel je pourrais me ranger sans me poser de questions. Je ne pense même plus qu'il devrait en être ainsi et que nous devrions l'exiger. Tous peuvent aussi dire des choses justes et intéressantes, que ce soit Marc Girard ou le Comité technique des vaccinations. Mais il faut être vigilant et c'est le développement de cette vigilance qui est important et rendu aujourd'hui possible par internet.

Il est bien aussi que ce forum sur un sujet aussi polémiste soit libre de modération et sache rester courtois.

Bernard

Commentaire n°44 posté par Bernard le 11/12/2009 à 13h37
@ Bernard

OUi, j'avais bien compris votre analyse sur les "experts" (pas seulement sur « l’expert Marc Girard »).

Je ne suis pas pro-vaccins, et je suis fatiguée d’entendre les "experts" pro-vaccins dirent que ceux qui se méfient de la vaccination sont des obscurantistes qui vivent dans une secte – parallèlement je suis tout aussi fatiguée d’entendre les "experts" anti-vaccins clamer que l’on va tous mourir si on se fait vacciner et que l’apocalypse va s’abattre sur terre à cause de ce vaccin H1N1. Franchement, j’exagère à peine !

Donc, j’ai trouvé vos propos rafraîchissants et salutaires. Cordialement

Commentaire n°45 posté par Michelle Julien le 11/12/2009 à 16h51

@ Michelle

Très bien ! Depuis les sociétés les plus primitives 2 pouvoirs pèsent sur les êtres humains : celui du Chef et celui du Sorcier qui correspondent aux 2 aspects de nos vies (activités - santé). Si des conquêtes démocratiques limitent aujourd'hui les pouvoirs du Chef, ceux du Sorcier sont d'une autre nature car ils sont liés à la maladie, la souffrance, l'infirmité qui peuvent à tout moment faire basculer notre vie. Il suffit de voir ce qui arrive à Johnny en ce moment. Aussi l'idée démocratique est beaucoup plus difficile à implanter dans ce domaine.

Par analogie, le pouvoir actuel des experts sur nos corps et nos consciences pourrait rappeler le temps de la féodalité. Mais la libération ne pourra pas venir uniquement des fourches. Il faudra tout à la fois une meilleure connaissance de notre corps, de nos peurs qui nous rendent vulnérables aux propagandes et aux effets de manche, de la manipulation des chiffres et des statistiques pour l'évaluation des produits et des politiques de santé, que ce soit pour les justifier ou les contester. Très vaste programme !

Cordialement

Bernard

Commentaire n°46 posté par Bernard le 11/12/2009 à 21h42

Pour la pharmacovigilance je conseille d'aller jeter un coup d'œil sur le blog du Dr Dominique Dupagne qui rassemble des témoignages après vaccination H1N1. Cela peut permettre de compléter utilement les bulletins de l'Afssaps, voire de les trouver bien discrets et avec une certaine tendance à la sous-notification. En particulier aucun décès signalé possible pour 1,5 million de vaccinés Pandemrix alors que l'EMEA en retient 55 a priori pour 5,7 millions.

 

En particulier, dès la page 2 de ce blog on trouve (message 26) le témoignage authentifié par D.Dupagne d'un médecin hospitalier dont le cas avait été signalé ainsi dans le second bulletin de l'Afssaps du 13 novembre :

 

« Un homme de 34 ans avec des antécédents de troubles neurologiques à type de paresthésie notamment engourdissement des membres inférieurs, douze années avant la vaccination par Pandemrix, a présenté des signes cliniques comparables 3 jours après l’injection du vaccin. Les résultats préliminaires issus des examens neurologiques suggèrent une deuxième poussée de démyélinisation centrale. Cependant, les résultats des examens en cours sont nécessaires pour établir la cause. A l’heure actuelle, l’état du patient toujours hospitalisé s’améliore. »

 

Ce médecin avait eu une paralysie 15 ans auparavant après le vaccin hépatite B. On trouve plus de détails sur son cas sur i-med. Ce médecin ,comme le médecin de i-med qui commente son cas, parlent clairement de SEP. Mais ce mot est tabou à l'Afssaps : il s'agit évidemment d'éviter de faire le lien avec la campagne de vaccination hépatite B...

 

Je voudrais alors soulever un autre problème : comment un médecin peut-il considérer que 15 ans après une réaction aussi grave il pouvait se laisser de nouveau vacciner ? Comment n'a-t-il pas vu qu'il y avait là une contre-indication absolue et définitive pour d'autres vaccinations ?

Dans l'étude Mikaeloff 2007 sur l'apparition de SEP chez des enfants après vaccination hépatite B, plusieurs cas avaient reçu des vaccins différents d'une injection à l'autre. L'hypothèse la plus probable est qu'ayant constaté une forte réaction avec un vaccin le médecin changeait de marque pour l'injection suivante plutôt que d'arrêter.

 

Je connais le cas d'une femme vaccinée en 1994 pour raison professionnelles : BCG en février avec hospitalisation pour réaction grave; DTP et Engerix B simultanément à 3 reprises à 1 mois d'intervalle pendant l'été; quatrième injection plus tard. A chaque fois des réactions importantes mais c'était obligatoire alors on poursuit. L'affaire s'est terminée par une SEP (entre-autres) et l'impossibilité de travailler alors que les vaccinations avaient été réalisées pour cela et que son travail ne l'exposait en aucun cas au sang de malades (aide médico-psychologique).

 

Si les médecins ne comprennent pas qu'une réaction forte à une vaccination contre-indique toute autre tentative de vaccination il faut que les citoyens le comprennent. Ce médecin hospitalier apprend cette leçon à ses dépens. Comme beaucoup de ses collègues il n'aurait sans doute pas contre-indiquer la vaccination H1N1 à des patients présentant le même dossier que lui. Il faut donc que chacun s'efforce de pallier les carences du monde médical par trop conditionné.

 

Cela ne pourra se faire que dans la douleur mais cette campagne pourrait permettre de franchir un nouveau palier. Car internet change tout en permettant l'échange, ce qui n'était pas encore possible quand la campagne contre l'hépatite B a commencé. Sur le blog de D.Dupagne on voit l'échange entre médecins et malades en quasi direct avec une ''pharmacovigilance citoyenne'' qui se met en place. C'est très intéressant et important. C'est ce qu'avait réalisé le Revahb en 1997 pour l'hépatite B, son fondateur étant justement un médecin victime de cette vaccination.

Commentaire n°47 posté par Bernard le 12/12/2009 à 10h52
Bonjour Bernard (Dugué je suppose ?),

Les patients pouvant eux-même déclarer les événements indésirables, il n'y a rien à compléter dans les bulletin de l'AFSSAPS.
Quand à supposer que l'AFSSAPS minimise les effets secondaires, là on verse dans le conspirationnisme primaire.

Pour le reste, vous nous servez un diatribe anti-vaccin classique : des témoignages, des suppositions, mais aucun fait scientifique.
Ce qui est avancé sans preuve peut être réfuté sans preuve.

Olivier
Commentaire n°48 posté par Poulpeman le 12/12/2009 à 13h04

Bonjour Olivier

Bernard oui mais Dugué non !!! Je m'étais présenté comme mathématicien réserviste fin du commentaire n° 40. N'étant pas connu mon nom n'a que peu d'importance. Bernard Dugué c'est autre chose je crois (journaliste, écrivain, philosophe, je n'ai pas vérifié). Je ne pensais vraiment pas avoir le style et la démarche de Bernard Dugué dont j'ai lu 2 ou 3 articles.

La sous-notification des effets indésirables est d'une manière générale parfaitement reconnue par l'Afssaps, il n'y a aucun doute là-dessus. Le 30 novembre 2007 j'ai entendu le Dr Anne Castot, de l'Afssaps justement, sur la notification des effets indésirables aux journées de veille sanitaire organisées par l'InVS. Elle se plaignait de la sous-notification considérable par les médecins. L'Afssaps ne peut contraindre les médecins à notifier.

En 1998 une étude financée par l'Afssaps avait été réalisée par Dominique Costagliola (Inserm) sur l'importance de la sous-notification de la SEP après vaccination hépatite B. Les résultats de cette étude sont en ligne sur le site de l'Afssaps où on lit, page 3 :

''Il existe un phénomène de sous-notification qu'il est nécessaire de prendre en compte pour interpréter valablement les résultats.''

Cette étude a été présentée à 2 reprises, 21 septembre 1998 et février 2000 devant une commission internationale de plus de 40 experts dont le Dr Max Kane de l'OMS et qui, la première fois, avaient demandé à être tenu au courant de l'évolution de l'étude encore en cours :

« La majorité des experts présents, notamment épidémiologistes, désirent recevoir pour analyse plus complète, un rapport écrit. La publication définitive de ces travaux prendra au minimum quelques semaines voire quelques mois. »

Tous des conspirationnistes qui suspectaient l'Afssaps qui les avait invités et servait les jus de fruits ? C'est ridicule ! L'Afssaps SAIT parfaitement qu'il y a sous-notification. Le fait que le patient puisse le faire lui-même ne signifie rien car les gens ne le savent pas ou n'ont pas tous d'ordinateurs. Pour une amie de ma femme qui s'était faite vaccinée dès les premiers jours j'ai tiré sur papier le bulletin de l'Afssaps car elle n'a pas d'ordinateur et ne l'a su que parce que je le savais.

Mais ne confondons pas sous-notification avec minimisation : la sous-notification, ce sont des cas non déclarés à l'Afssaps, elle n'y peut rien. La minimisation c'est atténuer la gravité d'un cas effectivement déclaré. C'est bien ce que laisse entendre ce médecin hospitalier selon son témoignage sur le blog du Dr Dominique Dupagne qui avait demandé à ce médecin de s'authentifier en privé auprès de lui et a confirmé cette authentification. On peut, je pense leur faire confiance. Pour ces 2 médecins et pour le médecin qui gère le site médical i-med qui a aussi authentifier le cas il s'agit bien d'une SEP.

Ce n'est donc pas moi qui accuse l'Afssaps de minimiser mais ces 3 médecins. Je n'ai fait que relayer leurs propos que vous pouvez aisément vérifier. Ces 3 médecins, dont l'un avait accepté de se faire vacciner malgré ce qu'il savait de sa santé et devait être le pilier de la vaccination dans son hôpital, seraient tous des conspirationnistes anti-vaccins ? Non Olivier, là vous me décevez beaucoup.

Bien sûr qu'en ce début de pharmacovigilance on ne peut pas tout savoir ni tout prouver mais on peut s'interroger. Voici ce que m'écrit ce jour un médecin en exercice à propos d'un décès signalé dans le bulletin n° 5 :

« il y avait aussi un cas plus que grave, puisqu'il s'agissait d'un homme décédé dans les heures ayant suivi l'injection vaccinale... Et comment fait-on quand on est expert AFSSAPIEN pour présenter les chose de façon sérieuse , on écrit ceci :

"Un cas de décès a été signalé chez un homme de 58 ans, dans la nuit suivant la vaccination. Il a été conclu à une mort naturelle" .

A bon, il est "naturel" de mourir dans son lit à 58 ans. Pas un mot d'explication, il a été vacciné et il est mort quelques heures plus tard mais rassurez-vous il n'y a aucun lien, c'est normal c'est la nature, c'est naturel. On croit rêver. On ne sait pas et on ne saura sûrement jamais si une autopsie a été pratiquée pour confirmer le diagnostic des experts de "mort naturelle". En tous cas le pauvre homme aura été enterré deux fois, par sa famille bien sûr et par les Pharmacovigilants qui ont enterré son dossier. »

Pour ce médecin il n'est pas naturel de mourir soudain dans son lit et avant de délivrer le permis d'inhumer il devrait chercher la cause de la mort, ou du moins écarter toute cause suspecte. Il n'a pas vu la personne qui était en état d'aller dans un centre et d'y faire la queue pour se faire vacciner. On peut supposer que cet homme ne se sentait pas mourant à ce moment là. On a le droit de s'interroger.

La démarche scientifique justement, et je suis scientifique, c'est se poser des questions, y compris dérangeantes, et non pas d'attendre passivement la version officielle d'une agence de l'État pour s'en gargariser ou ronronner dessus. Si ceux qui pourraient répondre ne le font pas, l'Afssaps ici, la nature ayant horreur du vide, on s'engage alors dans une interrogation citoyenne parfaitement légitime en pareil cas.

Bernard

Commentaire n°49 posté par Bernard le 12/12/2009 à 16h44
Désolé pour la confusion avec Bernard Dugué. Mon erreur vient de la coïncidence temporelle entre votre intervention ici et les interventions de Dugué sur le forum de Futura-sciences.

Pour le reste, je ne suis pas d'accord. La sous-notification des EI existe, mais pas dans le cas de la vaccination contre la grippe A, chaque EI étant traqué soit par les médecins, soit par les patients eux-même. Le retrait rapide d'un lot de Pandremix au Canada en atteste.

Pour le reste, vous continuer à nous servir des opinions et non des faits scientifiques. Je peux répondre aux faits, pas aux opinions (sinon je ne ferais plus que ça de mes journées).

Je reste donc en accord avec les observations des autorités de santé (pas seulement l'AFSSAPS) : les EI sont dans la norme prévu et similaires à ceux d'une vaccination contre la grippe saisonière. Le rapport bénéfice/risque de la vaccination reste inchangé.

Olivier
Commentaire n°50 posté par Poulpeman le 12/12/2009 à 16h54

Présentation

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés