15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 17:10

A l’occasion du saccage des porte-greffes de vigne transgéniques au cours de l’été 2010, nous avions noté de la part de la CGT et de la CFDT une prise de position ferme contre ces actes (1). Aujourd’hui, nous vous invitons à découvrir l’interview sur la chaine TV agri de Jeanne Grosclaude (2), représentante de la CFDT au Haut conseil des biotechnologies (HCB).  Elle porte un regard sévère sur le fonctionnement du HCB.

 


 

Siégeant au comité économique, éthique et social du HCB, cette scientifique y développe une approche rationnelle. Chaque dossier devrait être abordé sans a priori, et les avis que le HCB formule devrait reposer sur l’examen objectif des faits, et sur la recherche du consensus le plus large à partir de cette connaissance. En admettant que cela ne soit pas toujours possible, tous les membres du HCB devraient néanmoins y participer dans cet état d’esprit. Hélas, cette démarche semble impossible au sein du  comité économique, éthique et social ?

 

Selon Marcel Kuntz, en janvier 2010 : « Le Haut Conseil des Biotechnologies est formé d’un comité scientifique (CS), dont on peut attendre des avis scientifiquement valides (mais inévitablement influencés par les peurs sociétales), et d’un comité « économique, éthique et social » (CEES) qui n’est pas scientifique mais constitué largement de groupes de pression sensés représenter la « société » mais qui sont en fait mieux définis par leur logique de confrontation (il y a notamment 6 membres issus de l’écologisme et radicalement anti-OGM).

Il est donc inévitable que la ‘foire d’empoigne’ soit ce qui caractérise le mieux cette création gouvernementale, dont le travail n’aboutit pas à une recherche sereine de compromis mais à des positions contestées y compris au sein du comité.

C'est le cas des 'recommandations' émises en février 2010.

C'était caricaturalement le cas de la 'recommandation' en date du 22 décembre 09 sur le maïs MON810. » (3)

 

 Ce diagnostic est aujourd’hui entièrement confirmé par Jeanne Grosclaude. Dans cette interview, elle nomme les organisations représentées qui sont par principe opposées aux OGM, n’en font pas mystère, et n’ont pas par objectif la réflexion et l’expertise au cas par cas, mais l’obstruction.  Pour certains, l’homme n’a tout simplement pas droit de transformer la nature.

 

L’exemple de la demande d’importation d’œillets transgéniques (4) évoquée par Jeanne Grosclaude est caractéristique de la démarche : « Certains membres du CEES estiment que l’importation des œillets de Florigene ne répond ni à une utilité sociale évidente, ni à un besoin des producteurs et des distributeurs de fleurs coupées. ». Particulièrement révélatrice,  la position divergente des antis qui expriment que « Nous sommes face à un essai de diversification d’une offre commerciale dont le seul objet est de permettre au pétitionnaire d’accroitre ses profits alors qu’il n'y a aucun intérêt pour l'agriculteur produisant ces fleurs et aucune attente de la part des consommateurs ».

 

Il y a donc des individus qui se sentent investis du droit de décider des couleurs de fleurs «intéressantes » et celles « sans aucun intérêt » ! N’y aurait-il pas là un relent de totalitarisme ?    

 

Autre aberration : on trouve dans les recommandations du CEES des commentaires  sur des questions d’ordre scientifique, commentaires opposés aux conclusions du CS, de la part de membres n’ayant ni mandat ni compétence reconnue pour les faire.

 

Qui pourrait s’étonner que les représentants de Greenpeace, de FNE , ou de la Confédération Paysanne  n’adoptent pas une attitude conforme à celle qu’on est en droit d’attendre dans un tel comité ? Ils n’ont même pas l’attitude de respect minimum à l’encontre des membres du comité scientifique et des avis que celui-ci prononce, et sont impliquées dans tous les actes de destruction de cultures d’OGM et d’essais dédiés à la recherche, que ce soit de manière directe ou en soutien public à ces actions.  Est-il légitime que des gens animés d’un tel état d’esprit (ils chercheront de toute façon à interdire par la force les OGM auxquels ils sont censés contribuer à l’évaluation) soient présents dans une structure chargée d’éclairer les choix publics en matière de biotechnologie ?

 

              En remplacement de la Commission du Génie Biomoléculaire, le gouvernement a fait délibérément le choix de cette structure hybride,  incapable de mener un travail serein, et qui produit de la confusion plutôt que des avis éclairants . Selon nous, c’est précisément cette confusion qui sert d’alibi au gouvernement pour justifier la poursuite de son moratoire sur la culture du Maïs Bt MON 810, le seul qui était autorisé à la culture commerciale en France, et pour poursuivre sa politique anti-OGM au sein de l’Union Européenne. Répartition (5) des tâches oblige, les faucheurs accentuent de leur côté la pression en s’inventant de nouvelles cibles, telles que les « OGM cachés », telles que des plantes développant des caractères de résistances obtenue par mutagénèse (6), ou adoptent de nouvelles formes d’actions inquisitoriales (« les inspections citoyennes ) particulièrement inquiétantes . Dans d’autres pays  en Europe , le stade des violences physiques et des attaques contre les chercheurs est déjà franchi (7).

Anton Suwałki

 


 

(1) http://imposteurs.over-blog.com/article-retour-sur-le-saccage-des-essais-de-porte-greffes-de-vignes-transgeniques-a-colmar-56375566.html

(2) www.tvagri.info/reportages.../jeanne-grosclaude-00282.html

(3) http://www.marcel-kuntz-ogm.fr/article-hcb-haut-conseil-sur-les-biotechnologies-41053787.html

(4) http://ogm.gouv.fr/IMG/pdf/Recommandation_CNL0901_101028_cle8c51c6.pdf

(5) répartition objective des tâches . Si elle n’est pas concertée, on peut au minimum constater que ces actions commandos laissent de marbre les pouvoirs publics .

(6) des procédés qui existent depuis des décennies, qui n’apportent aucun gène étranger à l’organisme, et qui sont même autorisés… pour l’agriculture biologique !….

(7) http://imposteurs.over-blog.com/article-nouvelles-violences-des-anti-ogm-75304642.html

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commentaires

Sceptique 15/09/2011



"N'y aurait-il pas là un relent de totalitarisme? C.Q.F.D !


Il faut avoir été naïf pour en douter un seul instant! N'y aurait-il pas là...un angle d'attaque plus fructueux que celui de vérité ou d'erreur?



Jorj X. McKie 15/09/2011



Il y a un petit bug dans le lien sur l'interview de Jeanne Grrosclaude, le bon : http://www.tvagri.info/reportages-agricoles/jeanne-grosclaude-00282.html


Mais effectivement, on ne peut que recommander cet interview et d'apprécier le franc parler de JG et l'intérêt de son discours. Passionnant.


 



karg 16/09/2011



Dans le fond je vois pas à quoi servent les fleurs ornementales, on devrait se contenter d'admirer les fleurs sauvages, sur site et derrière une barrière de protection pour éviter toute
pertubation anthropique.



La Coupe Est Pleine 16/09/2011



Très instructive cette interview !


En fait il semble que contre toute attente, ce sont bien des "zeppe-like" qui représentent les ONG vertes au HCB .....


Ou du moins de dignes représentant de la pensée Zeppienne : "Ici c'est sans OGM point barre !"


J'espère que ces gens sont un peu plus instruit que l'ignoble adepte du MéMèRisme ....


Leur "philo" sur la non agression de la biosphère et le combat du Kapital semblent tout droit sortis de mon cher photographe
...


Ce qui est amusant c'est qu'elle aussi constate que les "médias ont construit cette pensée unique anti-GM". Tiens donc ? Anton
toujours pas convaincu ?


Maintenant oui il y a bien une lâcheté des responsables politiques. Mais pas seulement, que faut-il penser de la désertion du
débat par les syndicats agricoles ?


Quoi qu'il en soit cette dame a bien du courage de vouloir continuer les "débat" avec des Zeppe-Like !



cdc 17/09/2011



@karg : ça me rappelle le commentaire savoureux d'un fan du bio, de la décroissance etc. "au fond, c'est c... d'acheter des fleurs, ça ne se bouffe même pas". C'était au sujet des fleurs
coupées venant de Colombie et dont le "bilan carbone " était tout de même meilleur que celui des fleurs coupées hollandaises...



Laurent Berthod 17/09/2011



Je n crois pas que tous les syndicats agricole aient déserté le champ de bataille. En tout cas pas l'AGPM.



Wackes Seppi 18/09/2011



1.  Merci pour l'analyse et le lien vers cet entretien vraiment intéressant et utile.


 


2.  Pour répondre à M. La Coupe Est Pleine, celui qui signe Zeppe et sévit notamment sur le blog mis à la disposition de Mme MMR par
Arte, sur nos fonds, est unique.


 


Le comble est que ce monsieur insulte les morts, s'en flatte et, mis au pied du mur, récidive.


 


Il est intéressant de noter que Madame tolère ce « contributeur » et quelques autres de la même souche pathologique sur son site...
Qu'en déduire sur la psychologie de Madame ?


 


Greenpeace le tolère aussi.


 


Difficile de croire que les gens de même obédience qui sévissent au CEES ne sont pas un peu plus instruits que l'ignoble adepte du MéMèRisme. En
fait, ils manient le sophisme avec une adresse certaine et un manque de scrupules sidérant.


 


3.  Mais, étant à la recherche d'un consensus, les autres membres du CEES se laissent embarquer dans des considérations extravagantes
et font des concessions qui seraient inquiétantes si les opinions du CEES bénéficiaient d'une plus large diffusion et exploitation. Cela pour aboutir quand même, en fin d'exercice, à une opinion
divergente du sextet Greenpeace, Confédération Paysanne, les Amis de la Terre, FNE, FNAB et UNAF.


 


4.  Un problème supplémentaire vient du fait que le CEES émet des opinions tout en sachant – et concédant – qu'il n'a aucune base
économique pour les étayer.


 


5.  Tout ça fait sacrément désordre. Mais le problème fondamental est de savoir dans quel régime politique et économique nous vivons.
Est-ce la libre entreprise – avec une régulation pour en limiter les excès – qui permet à chacun de prendre des risques et à la société de trier les innovations mises sur le marché et ainsi
progresser (et d'affronter la concurrence mondiale), ou est-ce un corporatisme qui fleure bon l'État français ?



Daniel 20/09/2011



Le probleme est double à mon avis:


1) Les politiques courrent après les électeurs. Et ses derniers sont des girouettes très mal instruites. Donc les politiques suivent le vents médiatiques.


2) Cela fait très longtemps que l'état français n'écoutent plus ses chercheurs. Pire, l'état français n'a aucune confiance dans sa recherche et ses universités. Il faut voir à quel rythme il crée
des "organismes", des "instituts", des "commissions" en tout genre dès qu'un "problème" technique survient. Et il en donne la direction (ou une grande force) aux "associations" issues de la
"société civile". Alors qu'il possède une expertise sérieuse et quasiment gratuite (les chercheurs ne se font pas payer pour leur expertise pour l'état).


 


Voila selon moi le grand mal: l'absence de culture scientifique chez les hommes politiques , qui préfère la "culture" tout court!!!



Omarap54 25/09/2011



Lorsque les gens se radicalisent et tout devient possible.


Mais pourquoi se radicalisent ils ?


J'ai de la famille au Mexique. La bas le maïs OGM est utilisé courament. C'est important car le maïs est traditionellement le cereal de base de l'alimentation.


Ici on nous dit que si les OGM étaient autorisés ce serait pour aumenter le choix du consomateur qui resterait libre de son choix.


Ce n'est pas ce que vivent les mexicains. Aucune signalisation. Et quand il y a seul ceux qui ont les moyen$ peuvent choisir.


Une part de l'extremisme des anti-OGM vient qu'ils doivent faire face à l'extremisme de ceux pour qui l'alimentation est seulement une affaire de sous.


Qui nous garanti qu'une fois qu'on aura donné  droit de cité aux OGM les pratiques des cerealiers et des industriels de l'agroalimentaire vont devenir vertueuses ? Personne


Je suis comme ces industriels la "vérité" et mon intérêt je choisi le deuxième. 


Je me joins à tous vos combats contre les imposteurs en sciences. Mais dans les OGM la "vérité" scientifique passe après notre intérêt.  Je connais l'engrenage dans lequel les cerealiers
veulent nous faire rentrer.  Il est hors de question qu'ils puissent faire ici ce qu'ils font ailleurs. 



Omarap54 25/09/2011




Je crois que dans des situations comme celle ci, il ne faut pas ignorer les enjeux économiques. 


Je vous donne un exemple vécu. 


Dans les années 70 au Mexique l'institut National de l'Energie Nucléaire (INEN) devait choisir le type de réacteur qui serait utilisé. 


On avait le choix entre les réacteurs fonctionnant avec de l'uranium pauvre et ceux qui fonctionnaient avec l'uranium enrichi. 


Ce fut une bataille épique.


Nombre d'experts conseillaient le deuxième type de réacteur mais les chercheurs de l'INEN penchaient pour ceux fonctionnant directement avec le minerai. Leurs arguments étaient simples :


Ils ne sont certes pas les plus productifs 

mais ce ne sera pas onéreux

et avec eux nous avons le contrôle de tout le cycle de la production (nous avons assez d'uranium pour les alimenter) 

nous pourrons finir par construire nous mêmes  (et cesser de bruler notre pétrole pour produire de l'électricité).



Comme les chercheurs de l'INEN s'entêtaient le gouvernement a utilisé la force pour imposer le choix "raisonnable" et il fut décide de utiliser réacteurs à uranium enrichi.


C'était le meilleur choix de beaucoup points mais l'uranium devait être envoyé pour traitement aux USA. 


Quelques années après un crise bancaire a frappé le pays. 


Le cout du combustible signa l'arrêt de l'expérience. Le pays a ainsi perdu les milliards de dollars qu'il avait investi dans le projet.


Dans votre site vous ignorez que aujourd'hui il n'y a pas que la science qui doit donner son point de vue. 


Vous ignorez les questions de stratégie économique 


Vous ignorez les questions politiques. 


Vous semblez ignorer les enjeux financiers de ceux qui défendent tel ou tel choix et ce qui peu à peu les détourne de ce qui était prévu.


Vous semblez croire que il faudrait faire comme si on vivait chez bisou-nounours. 


Sans doute les anti OGM  sont des ignares et ne comprennent vos fins arguments, mais ils comprennent l'essentiel du problème. Il s'agit d'une question de guerre économique. 


J'ai parcourru votre blog et je crois que leur bêtise est le parfait reflet de la votre (pour moi vous faites partie des autres extrémistes).


Je vous prendrai au sérieux quand vous aurez une vison plus globale.


Vous changerez à moins que vous soyez une partie de cette armée de blogueurs que les industriels financent pour donner une caution philosophique a leur recherche du pur profit personnel.



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